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Activités, produits et marchés

Les ventes de bois des forêts publiques en 2021

Résumé

Dans un environnement économique très porteur et une belle mobilisation en volume, le chiffre d’affaires bois des forêts publiques gagne 28 % à 538 millions d’euros en 2021. Les prix de tous les résineux, du Chêne et du Hêtre augmentent nettement alors que la crise du scolyte régresse et que le merrain ne se redresse qu’en fin d’année. Le prix unitaire apparent s’accroît de 14 %. Les volumes fournis en contrats d’approvisionnement progressent de 10 %.

Abstract

Within a highly flourishing economic context and substantial volumes made available, the turnover of woods from public forests increased by 28% up to 538 million euros in 2021. The prices of all softwoods, oak and beech substantially increased, while the bark beetle crisis abated and the price of staves only went up again at the end of the year. The apparent unit price increased by 14%. The volumes devoted to supply contracts increased by 10%.

Introduction

Avec la reprise économique et en dépit de la persistance de la crise Covid, les volumes, les recettes et le prix des bois des forêts publiques sont en nette progression annuelle.

Contrairement aux années 2019 et 2020, fortement marquées par les dépérissements de plusieurs essences, les conditions météorologiques clémentes de 2021 et la diminution des attaques de scolytes ont permis de limiter la récolte de bois déclassés et d’augmenter la proportion de bois verts. La reprise économique mondiale a parallèlement entraîné une augmentation de la demande en bois, avec une répercussion sur les prix des bois sur pied et façonnés pour l’ensemble des essences et des qualités à partir du printemps 2021. Malgré de nouveaux confinements Covid, la demande s’est amplifiée au cours de l’année.

Néanmoins, le marché du merrain est resté morose comme en 2020, toujours impacté par la crise sanitaire Covid, avec ses restrictions de rassemblements familiaux et festifs et la fermeture des restaurants, ainsi que les suites des incendies de vignobles en Californie et la faible récolte des vendanges en France à l’automne 2021.

Cela conduit à une progression moins importante des recettes bois en forêt domaniale qu’en forêt des collectivités. En effet, dans ces dernières, la qualité merrain est plus rare alors que les qualités sciage sont plus développées et ont bénéficié d’une demande remarquable sur tous les produits.

Enfin, les contrats d’approvisionnement sont développés conformément aux objectifs nationaux. Ils permettent sur le long terme de sécuriser, d’une part, l’approvisionnement des unités de transformation de la filière et leurs emplois généralement ruraux, et d’autre part, les recettes de bois des différents propriétaires de la forêt publique, État et communes forestières en particulier. Leurs prix sont plus stables du fait des engagements contractuels pris, mais les révisions de prix tous les 6 ou 12 mois prennent en compte in fine les évolutions de marché.

L’environnement économique

Un environnement globalement très favorable

Économie générale

La croissance reprend fortement en 2021, dans l’Union européenne (+ 5 %), et dans le monde en général (+ 6 %). Elle est de 7 % en France comme en Italie, au-dessus de celle de ses autres voisins et surtout de l’Allemagne (+ 2,7 %). Avec 8,1 %, la croissance chinoise reste parmi les plus fortes au monde et la Chine conforte son rôle de leader sur les marchés du bois (meubles, papier, contreplaqués, parquets).

Le commerce international s’accroît de 10 % et un manque de conteneurs apparaît en Europe par rapport aux besoins grandissants. Le prix du fret maritime a doublé.

Ces facteurs conduisent à une consommation d’énergie mondiale record. Sa hausse en 2021 est de 5,8 %, légèrement supérieure pour l’électricité (6,2 %) et le charbon (+ 6 %) que pour le gaz et le pétrole (5,4 %). Le prix moyen annuel du Brent (71 $) rebondit de 69 %. Si cette hausse de prix renchérit les coûts d’exploitation et de transport des bois, elle encourage aussi le secteur des énergies renouvelables dont le bois énergie.

Parallèlement, l’euro se raffermit (+ 4 % à 1,18 $), mais reste loin de ses niveaux de 2007 à 2014 où il dépassait 1,30 $ ; ce qui favorise toujours nos exportations hors Union monétaire, en particulier de tonneaux et de sciages.

La demande en bois dœuvre pour la construction

Aux États-Unis, la construction de logements résidentiels reste au plus haut depuis 2007 (+ 2 % à 1,7 million d’unités résidentielles mises en chantier), et les prix flambent à nouveau pour les bois de charpente (+ 52 %) et de panneaux (+ 89 %) en raison d’une pénurie de bois frais aggravée par la crise sanitaire. En France, on observe une hausse des mises en chantier (+ 12 % à 390 000 logements), accentuée pour les maisons individuelles (+ 14 %) qui représentent 42 % du total. La rénovation est également porteuse, encouragée par les transactions de logements anciens, à un niveau record de 1 178 000 unités (+ 15 %), et par le bricolage des particuliers pendant les phases de confinement.

L’activité bâtiment dans son ensemble se renforce (+ 10 %), comme la fabrication de charpente (+ 8 %) qui pâtit néanmoins du développement des toitures terrasses.

Face à ces besoins en bois, la production nationale de sciages résineux rebondit et dépasse ses niveaux d’avant crise Covid. Les importations augmentent également (+ 21 %) à 3,2 millions de m3 (calcul FrenchTimber), avec une part croissante de bois techniques (séchés, collés, aboutés), à forte valeur ajoutée.

Pour le parquet, l’année 2021 est exceptionnelle. La consommation nationale atteint 9 millions de m2 et la production dépasse 6 millions de m2, un record depuis 2008. Le parquet massif, point fort de l’industrie française, s’est très bien vendu y compris à l’export, ce qui a conduit à une hausse substantielle du prix des grumes de chênes de qualité sciage.

Les secteurs de lameublement

Après une année 2020 en retrait (fermeture des points de vente durant les deux confinements Covid), le marché de l’ameublement domestique regagne 14 %. L’année 2021 a pourtant connu de nouvelles fermetures des points de vente, mais des solutions de remplacement ont été trouvées (click-and-collect, points-relais, livraisons…) et une montée en gamme des achats est observée. Les secteurs du meuble habituel (salon-salle à manger, chambre hors literie, rangement) dit « meuble meublant » et celui du siège dit « rembourré » progressent respectivement de 9 % et 17 % ; ils représentent 50 % du total. Le secteur de la cuisine est à + 20 % (pour 29 % du total) et celui de la literie (13 % du total) à + 13 %. Enfin, concernant les marchés plus petits de meubles (4 % du total), salle de bains et jardin, leurs hausses respectives sont de 15 % et 10 %. La production française rebondit mais les importations gagnent 25 % et les exportations 21 % ; le déficit commercial du secteur « meubles et sièges en bois » s’accroît (+ 26 %) à 3,4 milliards d’euros ; il représente 40 % du déficit de la filière bois (8,6 milliards d’euros, + 21 %).

Le secteur merrain et tonneaux

Ce secteur reste le champion du commerce extérieur de la filière bois, avec un excédent commercial de 350 millions d’euros (– 2 %). Il constitue aussi une valorisation stratégique pour la chênaie publique. Ses résultats restent toutefois affectés par les confinements Covid successifs en 2019 et 2020 dans de nombreux pays occidentaux (fermeture des restaurants et bars, arrêt de l’évènementiel et des séminaires, restriction des rassemblements festifs familiaux), par les incendies de Californie et par la faible récolte viticole en France (– 30 %). Sur une production de tonneaux d’environ 600 000 unités par an, les deux tiers sont exportés, essentiellement en zone dollar (Californie principalement et pays viticoles de l’hémisphère sud), ainsi que dans le sud de l’Europe. La valeur des exportations, à 383 millions d’euros (– 1 %), reste inférieure de 50 millions au record de 2018.

Les secteurs de lemballage et du bois dindustrie

Pour le secteur de l’emballage, l’année 2021 est phénoménale. Au niveau mondial, la demande explose et dépasse largement celle d’avant la crise Covid. En France, les importations d’Europe de l’Est se tarissent et la production nationale se renforce dans tous les secteurs (caisserie, palettes et emballages légers). Ce secteur consomme plus de 2 millions de m3 de sciages, avec des prix d’achat des grumes en forte hausse.

La production française de papier et carton regagne 7 % à 7,4 millions de tonnes, et la consommation apparente 5 %, à 8,4 millions de tonnes. La production de pâte est stable à 1,6 million de tonnes. Les segments de l’emballage en carton et des papiers graphiques gagnent 10 % chacun en volume, alors que celui de l’hygiène perd 2 %. Les importations du secteur « pâtes, papiers et cartons » croissent de 4 % en volume, contre 8 % pour les exportations, et le déficit commercial du secteur se réduit de 8 % à 2,5 milliards d’euros.

L’approvisionnement en bois vert (5,8 millions de tonnes brutes sur écorce) est en baisse de 4 %, avec une proportion de 68 % de rondins (à 24 % feuillus) pour 32 % de produits connexes de scierie (+ 13 %).

Par rapport à 2020, la production de panneaux s’accroît de 12 % à 4,8 millions de m3, non compris le contreplaqué (+ 4 % à 260 000 m3). Les trois produits : panneaux de particules, MDF (medium density fiberboard) et OSB (oriented strand board) bénéficient d’une belle reprise. Les ventes domestiques augmentent de 11 % sur les trois produits et les exports de 4 % en moyenne, y compris une baisse de 21 % sur l’OSB, les industriels ayant privilégié le marché domestique. Sur l’année, les importations progressent pour satisfaire les besoins du marché (construction et ameublement principalement), ce qui porte le déficit du secteur à 483 millions d’euros (+ 84 %, en raison de la flambée des prix).

L’approvisionnement en bois (3,4 millions de tonnes sèches) augmente de 2 %. Il comprend 38 % de rondins, 28 % de connexes et 34 % de bois recyclés qui sont toujours en progression. En bois vert, la proportion de feuillus est en légère baisse à 28 %, l’épicéa scolyté venant en substitution d’autres résineux sur certaines régions, notamment des pins.

Les secteurs du bois énergie

Au niveau climatique, l’année 2021 est moins chaude et plus pluvieuse que 2020. La consommation de bois énergie s’en trouve accrue, d’autant plus que le prix des énergies concurrentes grimpe au second semestre. Les stocks constitués étant importants en début d’année pour les 3 produits phares (bûches, plaquettes, granulés), ce n’est qu’à l’automne que les prix commencent à monter, traduisant une demande supérieure à l’offre disponible. Cet écart devient problématique pour le granulé dont la consommation française (2,4 millions de tonnes, + 26 %) grimpe beaucoup plus rapidement que la production (1,8 million de tonnes, + 5 %). En 2021, près de 423 000 appareils domestiques de chauffage au bois ont été installés (+ 34 %), dont les trois quarts sont des poêles à granulés, ce qui explique la tendance.

Lexportation de sciages et de grumes

L’exportation de sciages, favorisée par la forte demande mondiale et le maintien d’un euro assez bas face au dollar, gagne 37 % à 382 millions d’euros. Cette croissance est portée par le Chêne (+ 45 % à 178 millions d’euros), le Sapin-Épicéa (+ 44 % à 104 millions d’euros) et, dans une moindre mesure, par les autres résineux (+ 31 % à 136 millions d’euros) et le Hêtre (+ 21 % à 38 millions d’euros). Le calcul en volume réalisé par FrenchTimber donne en millions de m3 : 0,91 pour les résineux (+ 3 %), 0,23 pour le Chêne (+ 41 %) et 0,13 pour le Hêtre (+ 13 %).

L’exportation de grumes s’accroît de 31 % à 373 millions d’euros, avec + 37 % sur le Chêne et le Hêtre à respectivement 119 et 25 millions d’euros, et + 45 % sur les résineux à 84 millions d’euros. Ces hausses portent tant sur les prix que sur les volumes (calcul FrenchTimber en millions de m3) : 1,09 pour les résineux (+ 28 %), 0,51 pour le Chêne (+ 19 %) et 0,26 pour le Hêtre (+ 7 %). Dans le cas du Chêne, 55 % des volumes exportés sont à destination de l’Asie et 45 % de l’Europe, des proportions qui se sont inversées depuis 2018 : cela pose problème pour l’approvisionnement en bois dans la filière.

Afin de préserver la valeur ajoutée et les emplois dans le secteur de la transformation du chêne, l’ONF réserve ses lots de chêne majoritaire en ventes par soumissions à des clients labellisés UE (bois produits et transformés en Union européenne) depuis 7 ans. En complément, des contrats d’approvisionnement sont proposés pour les qualités ordinaires.

Une mobilisation répondant à la demande variable selon les produits

Les volumes mobilisés progressent

Les volumes de bois mobilisés (vendus ou délivrés) en 2021 dans les forêts publiques s’élèvent à 13,2 millions de m3 commerciaux (13,8 millions de m3 en équivalent bois sur pied, EBSP). 5,2 millions de m3 (5,5 en EBSP) proviennent des forêts domaniales et 8 millions de m3 (8,3 en EBSP) des forêts des collectivités (dont 1 délivré au titre de l’affouage).

Par rapport à 2020, ces volumes mobilisés progressent de 7 % en forêt domaniale et de 17 % en forêt des collectivités.

À noter que les volumes mis en vente s’élevaient à 14,7 millions de m3 (dont 5,8 en forêt domaniale et 8,9 en forêt des collectivités) et les volumes désignés à 13,4 millions de m3 (dont 5,4 en forêt domaniale et 8 en forêt des collectivités). Enfin, les volumes délivrés en affouage qui avaient chuté de 37 % de 2015 à 2020 regagnent 11 % en 2021.

Analyse par essence

Avec 1,1 million de m3 (volume tige), la mobilisation du Chêne progresse de 10 %. Elle augmente plus pour les petits bois (+ 25 %), par un sursaut de la demande énergétique après deux années de baisse, que pour les bois moyens (+ 15 %) et surtout les gros bois (+ 5 %) qui souffrent de faibles besoins en merrain. La demande est néanmoins très forte en sciages, notamment pour le parquet et la charpente en particulier vers l’Angleterre, ainsi que pour l’exportation en grumes comme en sciages. Le marché de la traverse se maintient, comme celui de la menuiserie fine. Seule, l’ébénisterie continue de perdre ses débouchés.

Pour le Hêtre, les volumes mobilisés en 2021 (1,3 million de m3) gagnent 14 %. La progression est plus forte pour les gros bois (+ 16 %) que pour les petits bois (+ 8 %) et les bois moyens (+ 3 %). Ceci intervient avec des débouchés à l’export accrus en bois d’œuvre et une sortie de crise progressive en bois d’industrie et bois énergie.

Avec 3,3 millions de m3, la mobilisation des résineux blancs s’accroît de 17 %. La hausse touche le Sapin (+ 77 %) mais pas l’Épicéa (– 4 %), moins touché par le scolyte qu’en 2020. Les volumes d’épicéa scolyté diminuant, le Sapin voit ses bois commercialisés augmenter.

Pour les résineux rouges (Pins, Douglas et Mélèze), les volumes mobilisés en 2021 gagnent modestement 1 % à 1,5 million de m3, avec des différences notables entre essences. Le Pin sylvestre (+ 8 %) bénéficie aussi de la baisse des volumes d’épicéa scolyté, mais pas le Pin maritime (– 5 %). Les autres résineux sont stables (+ 2 %), malgré une demande croissante en Douglas tant en bardage qu’en construction, largement satisfaite en forêt privée.

Figure 1 Volumes mobilisés pour les principales essences (en milliers de m3)

Un chiffre d’affaires accru avec des évolutions de prix contrastées

Forte hausse du chiffre daffaires bois des forêts publiques

Le prix unitaire moyen apparent des bois des forêts publiques françaises croît de 14 % en 2021 à 44,2 € par m3. Ceci s’explique surtout par la dynamique favorable de prix du bois d’œuvre (résineux blancs, résineux rouges et Chêne principalement). La hausse du taux de bois façonnés vendus (+ 2 %) y contribue aussi légèrement.

Aux ventes d’automne, le prix moyen s’établit à 61,2 € par m3, en progression de 26 %. La tendance est similaire sur l’année entière, pour l’ensemble des ventes sur pied, avec + 28 %, mais avec un prix moyen très inférieur à celui d’automne (40,7 € par m3).

Le chiffre d’affaires bois des forêts publiques augmente de 28 % en 2021, sous l’effet combiné des volumes vendus et du prix unitaire. Il s’élève à 538,5 millions d’euros (pour les volumes comptabilisés sur l’outil interne D1-8 en métropole).

Il s’établit à 255,7 millions d’euros en forêt domaniale, en hausse de 20,7 % (+ 43,9 M€). Les principaux contributeurs sont de loin le Chêne (36 %) devant les résineux blancs (18 %), les résineux rouges (12 %) et le Hêtre (10 %).

Les recettes bois des collectivités sont de 282,8 millions d’euros, en progression de 36 % (+ 74,8 M€). Les principaux contributeurs sont les résineux blancs (32 %) devant le Chêne (26 %), les résineux rouges (14 %) et le Hêtre (10 %).

Des évolutions de prix variables selon les essences et les produits

Le prix moyen apparent du Chêne augmente de 16 % en 2021 (et de 28 % aux ventes d’automne). Cette progression est accrue sur les gros bois (+ 19 %), par rapport aux bois moyens (+ 15 %) et aux petits bois (+ 12 %). Le Chêne est le fleuron du bois français, alimentant de nombreux marchés et son prix a doublé en 15 ans. La hausse des petits bois reste tempérée par les nombreux stocks de début d’année qui se tarissent lentement. Il y a davantage de tension sur les gros bois aux multiples usages très demandés, en sciage et à l’export durant toute l’année, comme en merrain à partir de l’automne 2021 malgré une faible récolte des vendanges en France, en Italie et en Espagne. C’est vraiment la sortie des confinements Covid dans les pays occidentaux qui permet de redynamiser ce marché du merrain. Ainsi, aux ventes d’automne, la vive concurrence entre les scieurs, toujours très demandeurs, et les mérandiers conduit à une hausse plus forte que sur l’année entière. Pour le sciage, la demande européenne en plots et avivés et frise est soutenue par des besoins en ameublement, aménagement intérieur, parquet et même cercueils. Les marchés de la charpente en Chêne, pour des maisons en Angleterre et des bâtiments annexes en France et dans l’Union européenne, ainsi que celui de la traverse restent dynamiques. Enfin, la demande de grumes pour l’export, notamment vers la Chine, est restée vive en dépit du dispositif « Label UE » appliqué en forêt publique. Enfin, le prix des bois façonnés, essentiellement vendus par mise en concurrence, augmente de 11 %.

Le prix moyen apparent du Hêtre gagne 8 %, sur l’année et plus aux ventes d’automne (+ 21 %). Sur 2021, la hausse est accrue pour les petits bois (+ 17 %) et moindre pour les bois gros et moyens (+ 7 %), alors que l’inverse est observé à l’automne. Les sciages de toutes qualités, y compris à destination du calage et du coffrage, sont très demandés. Les gros bois de qualité sont aussi exportés en sciages, avec en particulier de beaux débouchés en ameublement sur l’Afrique du Nord et l’Asie. Le dépérissement du Hêtre dans certains peuplements victimes des changements climatiques se poursuit et affecte le prix moyen. Le prix des bois façonnés de classe 3 et plus augmente de 5 % à 62 €/m3.

Le prix moyen apparent des résineux blancs rebondit de 31 % en 2021, plus fortement sur l’Épicéa (+ 38 %) que sur le Sapin (+ 10 %). D’une part, la qualité sanitaire s’est améliorée car la crise du scolyte s’est progressivement résorbée, et d’autre part, il n’y a pas eu de sécheresse dommageable aux arbres. Aux ventes d’automne, la hausse de prix s’amplifie pour le Sapin (+ 47 %) et s’atténue pour l’Épicéa (+ 28 %), de telle sorte que leurs prix convergent (43 €/m3). Toutes les qualités sont très demandées, de l’emballage à la charpente, sans oublier l’exportation des sciages de l’Europe vers les États-Unis et la Chine. Le prix des bois façonnés, largement contractualisés, regagne 13 % à 54 €/m3.

Le prix moyen apparent des résineux rouges (Pins, Douglas et Mélèze) croît de 24 % sur l’année, mais la situation est nuancée selon les espèces. On constate une nouvelle forte hausse du Pin maritime (+ 29 %) en raison d’une tension persistante sur l’offre dans le Sud-Ouest. La hausse est également forte sur Douglas-Mélèze (+ 24 %) en raison des besoins en construction, mais toujours moindre sur Pin sylvestre (+ 13 %). À l’automne, l’écart s’accentue entre un pin maritime (+ 37 %), aux multiples valorisations dans les Landes, et un pin sylvestre (+ 15 %) aux débouchés plus fragiles et moins valorisants. Le prix moyen des bois rouges façonnés s’accroît de 18 % à 63 €/m3, en lien quasi exclusivement avec les contrats d’approvisionnement.

Figure 2 Évolution des prix des principales essences feuillues aux ventes d’automne (en euros courants par m3)

Figure 3 Évolution des prix des principales essences résineuses aux ventes d’automne (en euros courants par m3)

La commercialisation des bois issus des forêts publiques

Les modes de vente

En 2021, 60 % des volumes vendus sont en « bois sur pied » (48 % en bloc et 12 % à la mesure) et 40 % sont en « bois façonnés » (7 % en bloc et 33 % à la mesure).

Les ventes de gré à gré simples qui incluent les contrats d’approvisionnement représentent 54 % du volume mobilisé, les ventes par soumission 38 %, le solde (8 %) étant délivré aux collectivités pour l’affouage ou l’autoconsommation.

Figure 4 Évolution des modes de ventes de bois de l’ONF (en proportion de volume)

Les contrats d’approvisionnement

Une année de croissance

Les volumes vendus en contrats d’approvisionnement progressent de 10 % en 2021. Ils totalisent ainsi 4,37 millions de m3 (en EBSP), soit 34 % du total vendu. Ces volumes proviennent pour 2 660 000 m3 des forêts domaniales (+ 10 %), et pour 1 711 000 m3 des forêts des collectivités (+ 12 %). La part des contrats d’approvisionnement dans le total des volumes vendus atteint 49 % pour les forêts domaniales et 23 % pour celles des collectivités.

Les volumes en contrat d’approvisionnement se répartissent à 40 % en bois d’industrie et bois énergie, à 60 % en bois d’œuvre dont 37 % pour les résineux blancs, 10 % pour les résineux rouges, 10 % pour le Hêtre et 3 % pour le Chêne.

Les plus fortes hausses sont de 28 % pour le Chêne (+ 30 000 m3), 23 % pour les résineux blancs (+ 303 000 m3) et 18 % pour le Hêtre (+ 69 000 m3). L’évolution est limitée à 5 % pour le bois d’industrie (+ 77 000 m3) et est négative (– 10 %) pour les résineux rouges (– 48 000 m3).

La recette des contrats d’approvisionnement en forêt publique est de 193 M€ (+ 21 %), soit 36 % des recettes bois. Cette recette se répartit entre les forêts de l’État pour 118 M€, en hausse de 21 % mais stable à 46 % des recettes de bois domaniales, et les forêts des collectivités pour 75 M€, en hausse de 20 % mais régressant à 26 % des recettes de bois des collectivités.

Figure 5 Répartition des volumes vendus par l’ONF en contrat d’approvisionnement (en milliers de m3 ebsp)

Les prix pratiqués dans le cadre des contrats

En 2021, les prix moyens des contrats d’approvisionnement montrent des tendances différentes selon les produits, tenant compte des évolutions de marché. Ainsi, une hausse sensible est constatée en bois d’œuvre pour les résineux, rouges (+ 18 %) et blancs (+ 13 %), plus faible pour le Hêtre et le bois d’industrie (+ 1 %). La cotation du Chêne ne peut être faite en raison de volumes moindres et d’une gamme de prix très étendue correspondant à des qualités variables et majoritairement secondaires, mais à qualité constante, son prix a progressé d’environ 5 %.

Il est rappelé que des différences de prix importantes peuvent résulter de l’assortiment des produits concernés, de la situation de l’entreprise (distance d’approvisionnement pour les produits vendus bord de route) et des coûts locaux de mobilisation des bois.

Conclusions et perspectives

En 2021, la conjoncture économique est très porteuse, dépassant les meilleures années jusqu’alors connues comme 2018. En effet, la croissance rebondit fortement après deux années difficiles ; la construction se maintient à un niveau élevé en France et aux États-Unis ; la demande en emballage, en panneaux et en papier est forte, permettant d’obtenir une belle valorisation du bois d’œuvre de qualité D et du bois d’industrie. Enfin à l’automne, le marché du merrain est stimulé par la fin des mesures de confinements dans les pays occidentaux et celui du bois énergie bénéficie de la hausse des prix des énergies fossiles.

Il s’ensuit une année remarquable pour l’Office national des forêts en termes de volumes mobilisés, de recettes de bois et de prix unitaires par essence et qualité, d’autant plus que les volumes d’épicéa scolyté diminuent nettement.

Cette année a aussi été l’occasion de s’engager dans la restauration de Notre-Dame de Paris, en mobilisant de nombreux chênes dont certains de dimensions exceptionnelles sont destinés à réaliser la flèche et son tabouret géant.

En 2022, les tendances observées sur les marchés du bois amplifient les résultats de l’année passée. Les recettes des ventes seront donc encore supérieures à celles ici présentées, en lien avec des prix unitaires toujours croissants.

Un retournement de tendance est néanmoins attendu, les perspectives de fin d’année se dégradant fortement : reprise de l’inflation, crise énergétique qui s’annonce, risque de stagnation de l’économie, voire de récession comme envisagé en Allemagne.

Le contexte climatique a connu une accalmie en 2021, année humide et relativement fraîche qui a permis de faire régresser le scolyte de l’épicéa. En 2022, ce parasite semble bien maîtrisé mais la sécheresse intervenue de janvier à août cause à nouveau de gros dégâts sur les plantations et sur certains peuplements forestiers plus sensibles aux changements climatiques. Par ailleurs, malgré le courage des pompiers mobilisés, les incendies de l’été ont causé d’énormes dégâts principalement sur le Pin maritime. Il y a là aussi un enjeu important à approfondir pour renouveler la forêt et préparer les récoltes de demain.

Tableau Annexe 1 Prix moyens des bois sur pied aux ventes d’automne* pour l’ensemble des forêts publiques (en euros courants)


Essences et classe

Prix moyens en euros courants par m3

 

 

Variation

de diamètre à 1,30 m du sol

1989

1999

2009

2017

2018

2019

2020

2021

2021/2020

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chêne 50 cm et +

132,2

127,3

119,9

223,5

275,1

235,9

199,2

258,8

29,9%

Chêne 30-45 cm

39,8

37,2

37,8

62,5

69,9

60,6

57,8

72,9

26,0%

Chêne 25 cm et -

8,2

9,0

12,0

14,4

14,7

14,0

12,8

18,3

43,6%

TOTAL CHÊNE

82,6

81,3

87,3

171,9

215,8

193,1

164,9

210,3

27,6%

Hêtre 40 cm et +

63,1

94,8

33,4

41,5

43,2

40,7

39,2

46,2

17,8%

Hêtre 30-35 cm

24,7

25,3

17,8

21,4

21,2

20,1

19,7

23,1

17,6%

Hêtre 25 cm et -

10,7

9,5

12,2

15,7

16,8

14,7

13,8

14,4

4,9%

TOTAL HÊTRE

50,0

76,5

30,0

34,7

36,1

33,9

34,0

41,1

20,7%

Sapin 25 cm et +

49,7

40,9

39,3

36,9

31,8

32,6

29,4

43,2

46,8%

Sapin 20 cm et -

6,6

4,4

12,6

19,1

18,5

13,8

15,0

19,3

28,9%

TOTAL SAPIN

47,9

39,9

38,5

36,6

31,6

32,3

29,2

42,9

46,8%

Epicéa 25 cm et +

48,3

40,2

42,1

43,4

36,1

26,3

34,2

44,2

29,0%

Epicéa 20 cm et -

8,8

7,9

16,6

22,8

18,6

14,9

18,8

20,3

8,0%

TOTAL ÉPICÉA

43,8

37,2

39,5

42,2

35,2

25,8

33,7

43,0

27,6%

Pin sylvestre 25 cm et +

27,7

26,2

25,0

21,5

21,1

19,9

25,4

28,8

13,4%

Pin sylvestre 20 cm et -

4,1

5,8

NS

11,6

9,8

10,7

13,2

11,6

-11,8%

TOTAL PIN SYLVESTRE

24,8

24,2

24,4

20,5

19,5

19,2

24,4

28,1

15,1%

Pin maritime 25 cm et +

24,4

26,4

NS

39,6

48,8

41,5

37,4

51,3

37,2%

Pin maritime 20 cm et -

8,5

8,5

NS

30,5

35,1

27,5

26,7

31,1

16,3%

TOTAL PIN MARITIME

21,8

24,5

NS

39,3

48,1

39,7

36,7

50,4

37,4%

Taillis feuillus

6,9

8,5

12,8

13,8

12,0

12,1

13,6

11,7

-13,8%

Toutes essences et

 

 

 

 

 

 

 

 

 

toutes catégories

39,5

44,5

36,0

53,4

57,6

52,6

48,5

61,2

26,2%

NS = non significatif, car faible volume commercialisé (moins de 5 000 m3). 

(*) Grandes ventes d'automne jusqu'en 2018 (par adjudication ou appel d'offres, selon publications publiques), puis ventes d'automne sélectionnées par l'ONF (de gré à gré par soumission, série au plus proche, résultat global à mix-produit constant par essence).

Tableau Annexe 2 Évolution des modes de mise en marché par l’ONF (en volume)

Calendrier des ventes d’automne* 2022 de l’Office national des forêts

Attention : calendrier susceptible de modifications. Se connecter systématiquement sur le site de vente en ligne quelques jours avant chaque vente (www.ventesdebois.onf.fr), afin de confirmer la tenue de chaque vente aux dates et conditions prévues ci-dessous. Toutes les ventes sont dématérialisées, avec parfois la possibilité d'y assister aussi en salle. Néanmoins,des contraintes sanitaires ou autres peuvent conduire à supprimer les rassemblements physiques, et les ventes concernées seraient alors totalement dématérialisées.

* Suite à l'évolution des conditions de ventes de l'ONF, il n'y a plus de "grandes ventes d'automne" depuis 2019, mais uniquement des "ventes d'automne" identifiées. Il s'agit d'une sélection de ventes de bois en bloc et sur pied, à base historique. De nombreuses autres ventes sont proposées par l'ONF, en bois sur pied et en bois façonné, tout au long de l'année et même à l'automne.


Date / Heure

Organisation prévisionnelle
de vente : dématérialisée plus
lieu éventuel (département)

Directions
territoriales

Essences dominantes
(cf. détail sur catalogues en
ligne 1 à 2 mois avant la vente)

02 septembre à 14 h 00

Dématérialisée (Nord-Franche-Comté)

Bourgogne - Franche-Comté

Feuillus

06 septembre à 14 h 00

Dématérialisée + en salle à Châtenoy-le-Royal (71)

Bourgogne - Franche-Comté

Chêne

07 septembre à 9 h 30

Dématérialisée (Drôme-Ardèche)

Auvergne - Rhône-Alpes

Résineux

08 septembre à 8 h 00

Dématérialisée (Vosges, Meurthe et Moselle)

Grand Est

Feuillus

09 septembre à 9 h 00

Dématérialisée (Nord Côte d'Or)

Bourgogne-Franche-Comté

Feuillus

13 septembre à 9 h 30

Dématérialisée + en salle à Autrans-Méaudre en Vercors (38)

Auvergne-Rhône-Alpes

Résineux

14 septembre à 8 h 00

Dématérialisée (Aube-Marne)

Grand Est

Feuillus

15 septembre à 8 h 00

Dématérialisée + en salle à Gérardmer (88)

Grand Est

Résineux

15 septembre à 9 h 00

Dématérialisée (Ile de France, Normandie)

Seine-Nord

Feuillus et résineux

16 septembre à 14 h 30

Dématérialisée (Sud Massif Central)

Midi-Méditerranée

Résineux et Hêtre

20 septembre à 9 h 00

Dématérialisée (Savoies)

Auvergne - Rhône-Alpes

Sapin et Épicéa

21 septembre à 13 h 30

Dématérialisée + en salle à Levier (25)

Bourgogne - Franche-Comté

Sapin et Épicéa, gros bois

22 septembre à 9 h 30

Dématérialisée + en salle à Fontannes (43)

Auvergne - Rhône-Alpes

Résineux et feuillus

26 septembre à 8 h 30

Dématérialisée + en salle à Fontaine-les-Luxeuil (70)

Bourgogne - Franche-Comté

Chêne et Hêtre

26 septembre à 14 h 30

Dématérialisée (Pyrénées)

Midi-Méditerranée et Centre-Ouest-Aquitaine

Chêne et Hêtre

29 septembre à 10 h 00

Dématérialisée (Provence-Alpes-Côte d'Azur)

Midi-Méditerranée

Pins et taillis

04 octobre à 8 h 00

Dématérialisée (Basse-Lorraine)

Grand Est

Feuillus

04 octobre à 9 h 00

Dématérialisée (Limousin)

Centre-Ouest-Aquitaine

Résineux

04 octobre à 9 h 30

Dématérialisée + en salle à Nantua (01)

Auvergne - Rhône-Alpes

Résineux

05 octobre à 9 h 30

Dématérialisée + en salle à Lamotte-Beuvron (45)

Centre-Ouest-Aquitaine

Chêne

06 octobre à 9 h 00

Dématérialisée (Franche-Comté)

Bourgogne - Franche-Comté

Feuillus

06 octobre à 10 h 00

Dématérialisée (Pyrénées)

Midi-Méditerranée

Sapin et Hêtre

07 octobre à 8 h 30

Dématérialisée + en salle à Clamecy (58)

Bourgogne - Franche-Comté

Chêne

10 octobre à 8 h 00

Dématérialisée (Haute-Marne)

Grand Est

Feuillus

11 octobre à 8 h 00

Dématérialisée (Verdun, Ardennes)

Grand Est

Feuillus

11 octobre à 9 h 30

Dématérialisée (Sud Massif Central)

Midi-Méditerranée

Résineux et Hêtre

13 octobre à 9 h 00

Dématérialisée (Landes-Gascogne)

Centre-Ouest-Aquitaine

Pin maritime

13 octobre à 9 h 00

Dématérialisée + en salle à La Croix-St-Ouen (60)

Seine-Nord

Feuillus et résineux

18 octobre à 9 h 30

Dématérialisée + en salle à Cérilly (03)

Centre-Ouest-Aquitaine

Chêne

21 octobre à 9 h 00

Dématérialisée (Bois d'industrie et énergie)

Seine-Nord

Feuillus et résineux

27 octobre à 8 h 30

Dématérialisée (Vesoul)

Bourgogne - Franche-Comté

Chêne et Hêtre

02 novembre à 8 h 00

Dématérialisée (Moselle)

Grand Est

Feuillus

08 novembre à 8 h 00

Dématérialisée (Lorraine, Ardennes)

Grand Est

Résineux

08 novembre à 9 h 00

Dématérialisée (Berry-Bourbonnais, communal)

Centre-Ouest-Aquitaine

Chêne, communal

15 novembre à 8 h 00

Dématérialisée (Massif Vosgien)

Grand Est

Résineux

Auteurs


Département Commercial Bois Office national des forêts

dcbs-secretariat-bois@onf.fr

Affiliation : Office national des forêts, Département Commercial Bois, F-94704 Maisons-Alfort Cedex

Pays : France

Biographie :

Adresse postale : Office national des forêts - Direction Commerciale Bois et Services - Département Commercial Bois - 2bis avenue du Général Leclerc - F-94704 Maisons-Alfort Cedex

Pièces jointes

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Citations