Editorial, avant-propos, introduction

Editorial

Éditorial

Pour la Revue forestière française, l’année 2023 a été une nouvelle fois une année de changement avec la mise en place de la nouvelle maquette et du nouveau format, qui ont été très bien accueillis, et du nouveau comité éditorial élargi. Un autre changement est déjà acté pour 2024 avec l’arrivée d’un nouveau secrétaire de rédaction dans les prochaines semaines pour succéder à Anne-Marie Huin partie en retraite en décembre 2023 après plus de 40 ans au service de la Revue forestière française et des éditions.

Les différents conflits à travers le monde et les difficultés à « boucler la fin du mois » pour de nombreux citoyens ont tendance à reléguer au second plan les défis à relever pour la forêt et pour l’environnement. Ils sont cependant toujours aussi importants et les différents évènements climatiques extrêmes de la fin de l’année 2023 et du début 2024 rappellent d’une façon indéniable et parfois malheureusement dramatique cette urgence climatique. Appréhender la forêt dans toutes ses composantes sur le temps long dans un contexte de grande incertitude reste un défi pour tous les acteurs à la fois les gestionnaires et les scientifiques mais également les « simples » promeneurs qui voient souvent les paysages évoluer autour d’eux sans forcément avoir les explications ou les clés de compréhension de ces changements parfois très rapides. La recherche de solutions pour atténuer les effets de ces changements environnementaux sur la forêt et les milieux naturels est au cœur des travaux menés à travers le monde par les scientifiques et les gestionnaires qui expérimentent de nouvelles façons de gérer la forêt ou explorent la variabilité des peuplements en place pour trouver les « bonnes » populations qui permettront de maintenir une forêt en place. Des réflexions sur les essences d’avenir sont également menées par la communauté forestière… Faut-il faire migrer des espèces ou en introduire de nouvelles ? Pour quels enjeux, quels risques… Les questions sont nombreuses !

Tous les débats publics autour de la forêt montrent qu’il est essentiel de conserver un espace facilement accessible pour porter la voix des gestionnaires et des chercheurs. Dans tous ces questionnements, la Revue forestière française doit donc garder sa place de « passeur » de connaissances pour un public francophone varié dans tous les pays du monde. La publication sans frais, l’accès gratuit aux articles et à leur libre diffusion, leur référencement dans de multiples bases de données grâce aux DOI (« Digital Objet Identifier ») font que les publications de la Revue forestière française sont visibles pour toute la communauté de chercheurs, gestionnaires, étudiants ou simplement curieux.

La contribution de toutes et tous est essentielle pour alimenter les débats et présenter l’état des lieux de la science, les avancées des connaissances ou des réflexions sur la forêt, le bois et les milieux naturels. La philosophie de la Revue forestière française a également toujours été de laisser la place à la libre expression des acteurs de la forêt pour illustrer la diversité des opinions. Bien que les publications scientifiques en langue anglaise dominent encore largement, la Revue forestière française restera une publication en langue française. Les débats pour publier ou non en français sont encore d’actualité dans de nombreux organismes ou laboratoires de recherches. Dans un article de 2019 de la revue SociologieS, Nathalie Burnay et Céline Decleire présentent les résultats d’une enquête « Publier en français… Oui mais pour quelles raisons » (https://journals.openedition.org/sociologies/9533). Neuf raisons ressortent de leur enquête parmi lesquelles on peut citer la nécessité d’entretenir un lien social et un dialogue avec sa communauté et son aire culturelle (sentiment d’appartenance), la facilité langagière (maitrise de la langue et des subtilités), une différence d’épistémologie avec un héritage culturel et intellectuel à assumer ou encore un aspect pédagogique (cours pour les étudiants, échanges avec les acteurs de terrain, outil de diffusion envers des commanditaires officiels, politiques ou médiatiques), etc. Même si cette enquête a été réalisée seulement auprès de sociologues, les résultats dépassent largement ce champ disciplinaire et doivent questionner les autres communautés. Maintenir le lien social, les échanges et l’assurance d’un dialogue commun entre les différents acteurs de la forêt, les commanditaires, les politiques ou encore les étudiants en formation est un enjeu majeur auquel la publication de qualité en langue française doit participer.

Je vous souhaite une bonne lecture de ce premier numéro de 2024 dans lequel vous trouverez, entre autres, une histoire des coupes rases à travers les siècles.

Auteurs


François Lebourgeois

francois.lebourgeois@agroparistech.fr

Affiliation : Université de Lorraine, AgroParisTech, INRAE, SILVA, F-54000 Nancy, France

Pays : France

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