Résumé
La contribution de la recherche aux inventaires forestiers nationaux a connu en France une progression sinueuse. Les étapes marquantes de la rencontre entre recherche et inventaire forestier mettent en évidence : 1/ son émergence tardive, résultant d’un modèle administratif singulier, 2/ les initiatives notables qu’ont été l’Antenne recherche et la Cellule d’évaluation de la ressource de l’inventaire forestier (1981-2004), puis les partenariats ciblés avec des laboratoires de recherche (2006-2011), 3/ enfin, la création d’un laboratoire de recherche dédié (Laboratoire d’inventaire forestier, 2015-…). Le rôle majeur d’un petit nombre de personnalités est démontré, et souligne le caractère peu formel que ces initiatives ont pris dans la sphère de l’intervention publique.
Messages clés :
- En France, l’inventaire forestier national a longtemps évolué sans capacité de recherche dédiée.
- Des initiatives historiques propres ou partenariales ont démontré la plus-value de recherches dans le domaine.
- En 2013, la création du Laboratoire d’inventaire forestier (LIF) est venue consolider cette vision.
Abstract
The progression of the contribution of research to French national forest inventories has been a winding path. The milestones of the convergence between research and forest inventory have highlighted 1/ its late emergence due to a singular administrative model, 2/ notable initiatives such as the Research Unit (Antenne recherche) and the forest inventory resource assessment unit (Cellule d’évaluation de la ressource) (1981-2004), and targeted partnerships with research laboratories (2006-2011), and finally 3/ the creation of a dedicated research laboratory (Laboratory of Forest Inventory, 2015 to present). The major role played by a small number of prominent figures is evident, highlighting the informal nature of these initiatives in the sphere of public intervention.
Highlights:
- In France, the National Forest Inventory (IFN) has long evolved without dedicated research capabilities.
- Historical initiatives, whether IFN’s own or in partnership, have highlighted the added value of research in the field.
- In 2013, the creation of the Laboratory of Forest Inventory (LIF) reinforced this vision.
La singularité initiale et durable du « modèle français »
Il serait peu de dire que la rencontre puis l’association des concepts d’inventaire forestier et de recherche n’a pas, en France, relevé de l’évidence. Le simple fait de la durée séparant la fondation du programme d’inventaire forestier national (en 1958, par ordonnance du général de Gaulle) et celle d’un projet formel de recherche au travers du Laboratoire d’inventaire forestier (en 2013 pour la décision de création) le prouve. L’histoire de cette relation, comme on le verra dans la suite, révèle également des états d’âme et des formules d’incarnation variées, circonscrites dans le temps et marquées par des ruptures. En réalité, c’est le raisonnement administratif même de la création de l’inventaire qui l’a contraint à une forme d’isolement. Il fut en effet initié loin des cercles académiques, comme service du ministère chargé des forêts, plus tard comme établissement public autonome à caractère administratif, décidé sous le second mandat du président Mitterrand en 1994.
Étant donné la dotation initiale fort modeste de cet inventaire (voir le précieux témoignage de Balleydier et Huguet, 2002), il est aisé d’imaginer qu’elle ne laissait aucune marge pour investir le sujet. Au vu de la « complexité des programmes d’inventaire, et d’un besoin de spécialistes hautement qualifiés », mais aussi de « son rôle à jouer comme instrument privilégié de la recherche » (Brenac, 1980), l’idée d’un accueil au sein de l’ancien Centre national de la recherche forestière (CNRF) qui allait ensuite être intégré à l’INRA (réforme Pisani de 1964 : Pardé, 1973) a pourtant – assez tôt dans son histoire – été émise par les serviteurs de l’inventaire. Elle reçut cependant un accueil peu disposé (Brenac, 1980).
Sans même parler de recherche, et alors que les concepts d’inventaires étaient réputés sortis de leur période « pré-scientifique » (Brenac, 1980 ; on se souviendra que programmes d’inventaire nordiques & nord-américain ont éclos dans années, 2013, accompagnés par le développement de la théorie de l’échantillonnage : Brewer, 2013), cet isolement a aussi eu des conséquences en matière de compétences techniques, dont la matérialité reste à certains égards très effective. L’ordonnance de 1958 prévoyait en effet – dans le second alinéa de son article premier que la tradition a éludé – que le ministère doive s’attacher « l’aide technique de l’Institut national de la statistique et des études économiques » (INSEE). Si deux représentants de l’INSEE ont effectivement assisté aux premiers comités techniques de l’inventaire forestier (d’après les comptes-rendus des 19 mars 1959, et 29 novembre 1960), cette collaboration pressentie n’a pas eu de suite, consacrant le statut particulier, pour une enquête statistique publique, de n’être ni placée sous les auspices de cet établissement, ni dans les services statistiques des ministères, ni même de bénéficier de leur appui technique. Ce n’est que beaucoup plus tard que le SCEES (Service central des enquêtes et études statistiques, du ministère chargé de l’agriculture) participera au comité de suivi de l’implantation de la nouvelle méthode d’inventaire en 2003, puis assurera la présidence du comité scientifique et technique de l’IFN en la personne de Michel Bertin.
L’interprétation qu’a donnée Brenac (1980) sur l’ineffectivité de cette collaboration tient au caractère très spécifique des plans d’échantillonnage spatiaux en inventaire forestier, nécessitant un socle de compétence particulier, hors du champ strict de la statistique de sondage professionnelle. Ce fait s’est d’ailleurs récemment illustré par contraposée, dans la collaboration entre deux chercheurs, respectivement inventoriste et statisticien de sondage, qu’a nécessité la formalisation appropriée des méthodes d’inférence de l’inventaire français (Duong et al., 2024), dans une approche qui n’avait pas connu d’équivalent depuis près de quarante ans ! (Houllier, 1987). De même, ce n’est qu’en 2017 que l’inventaire forestier sera labellisé « enquête statistique publique à caractère obligatoire » par le Conseil national de l’information statistique (CNIS).
Cette disjonction entre inventaire et recherche constitue en réalité un fait singulier à l’échelle internationale, perçu de manière explicite dès 1978 au plan mondial. La très grande majorité des programmes d’inventaires ont en effet été initiés dans des cadres universitaires ou académiques, pour la raison pressentie du caractère extraordinairement complexe et toujours évolutif des méthodes à mettre en œuvre (puisque ces programmes ont souvent la raison d’une permanence), mais aussi des recherches à consentir pour parvenir à des inventaires ayant par nature un « caractère intégratif de ressources multiples » (Brenac, 1980), d’abord forestières, puis biologiques et environnementales après la conférence de Rio en 1992, et la nécessité de renseigner l’état et l’évolution des conditions garantissant ce l’on dénomme aujourd’hui la « délivrance de services écosystémiques ». À titre d’illustration, l’inventaire forestier est conduit : au sein de l’Université des sciences du vivant (SLU) en Suède, du département de recherche du service forestier aux États-Unis (USDA Forest Service), de l’Institut fédéral de recherche sur la forêt, la neige et les paysages (WSL) en Suisse, de l’Institut de recherches en sylviculture et aménagement forestier (ICAS) en Roumanie, ou encore accompagné par l’Université de Liège (Gembloux) en Belgique.
De plus, même dans ce format intégré, les collectifs de recherche dédiés à cet objectif restent souvent restreints, et ont amené à exprimer très tôt l’enjeu du renforcement des collaborations internationales de recherche (Brenac, 1980). Cet enjeu, souligné par Tiberius Cunia au colloque IUFRO de Bucarest (1978), est en particulier matérialisé par la formalisation de la sous-division 4.02.00 de l’IUFRO, Inventaire et monitoring des ressources forestières, déjà existante à cette époque et sans doute bien antérieure (Speer, 1974). Il s’est aussi remarquablement incarné dans les efforts sans précédents de l’harmonisation européenne au début de ce siècle (Tomppo et al., 2010, Vidal et al., 2016), et des projets de recherche européens qui en ont résulté.
La nature initiale des décisions administratives n’est cependant pas seule en jeu dans cette réalité. Près de vingt ans après la création du programme d’inventaire forestier français – c’est-à-dire dans des conditions qui permettaient déjà de mesurer la difficulté de la tâche, son exigence technique, et son potentiel pour la communauté scientifique française – on pouvait encore dénoncer « l’opinion trop facilement admise […] suivant laquelle les méthodes d’inventaire appliquées étant parfaitement au point […], il ne rest[ait] plus qu’à poursuivre un travail de routine et à utiliser ses résultats » (Brenac, 1980, à propos du rapport Jouvenel sur la politique forestière ; Jouvenel, 1978). C’est donc aussi à un « état d’esprit » et une circonspection durable de l’administration forestière à l’égard de l’inventaire forestier que l’on a dû cette réalité.
Investissements et coopération scientifique de l’IFN avant le laboratoire
L’antenne recherche (1981-1990), la cellule d’évaluation des ressources (1986-2003) et leurs réalisations
Une première étape notable dans ce domaine est l’investissement de l’inventaire forestier – sous la direction de Pierre Bazire depuis 1978 – dans une cellule de recherche propre (dénommée « antenne recherche »), puis une « cellule d’évaluation des ressources » (CER), qui furent installées à Montpellier, à partir de 1981 pour la première (Bazire, 1984). La proximité temporelle de cette décision avec la conviction que son prédécesseur, Lucien Brenac, semble s’être définitivement forgée au sujet de cet investissement lors du colloque IUFRO de 1978 (Brenac, 1980) ne semble pas faire de doute. Ces cellules, initiées autour d’effectifs extrêmement restreints, connaîtront un développement progressif pour aboutir à un effectif de l’ordre de la dizaine de personnes à sa disparition en 2004.
Les orientations de ces entités successives ont en réalité évolué dans le temps. Tandis que l’antenne de recherche visait d’abord les développements méthodologiques au service de l’inventaire lui-même, la cellule d’évaluation des ressources s’incarnait dans l’objectif d’une valorisation des données de l’inventaire forestier au service de la communauté forestière et des administrations (Brenac, 1980). Au rang des enjeux et champs d’investissement pressentis, ont figuré : l’optimisation (précision-coût) des plans de sondage et des protocoles de terrain, l’étude des plans de sondages à renouvellement partiel (sampling with partial replacement, ou SPR) dans une logique d’estimation des changements de la forêt (Ware et Cunia, 1962), l’investissement dans les techniques du calcul informatique, et plus tard le développement de la cartographie numérique (SIG) ou l’investigation de l’apport des données satellitales (Landsat) à la photo-interprétation du territoire (Bazire, 1984). S’agissant des valorisations de l’inventaire (CER), les enjeux ont été : la capacité d’actualisation et de prédiction par modèles de l’état des forêts pour éclairer les décisions de la politique forestière ; la quantification de la biomasse des forêts dans le contexte de la récente crise énergétique d’alors ; et la valorisation de l’inventaire pour la caractérisation de l’environnement abiotique et de la végétation forestière.
Un fait notable – et dont on mesure moins l’importance à notre époque numérique – tient au développement des facilités de calcul, puis de la base de données nationale de l’inventaire (Guéro et Houllier, 1990) sous les auspices de la CER, et qui constitue une pierre d’angle de la vision de Brenac sur « le rôle à jouer, comme instrument privilégié de la recherche, par l’inventaire forestier national » (Brenac, 1980). Jusqu’alors, les données collectées par l’inventaire étaient en effet traitées par l’échelon « de calcul » de Nancy, créé dès 1962 sur le campus de l’école forestière. L’inventaire forestier avait ainsi fait l’acquisition d’un ordinateur « IBM 360 » (prenant la place d’une salle entière), exploité avec l’aide du Centre universitaire de calcul numérique de l’Université de Lorraine (CUCN) et de la société IBM (Balleydier et Huguet, 2002), et qui permettait la production des résultats statistiques de l’inventaire. Toutefois, les données primaires sont longtemps restées archivées sur bandes magnétiques. Sous l’impulsion de François Houllier, et avec l’aide du Centre national universitaire Sud de calcul de Montpellier (CNUSC), ces bandes seront progressivement assemblées et versées dans une base de données relationnelle unique de périmètre national. À partir de ce moment, la CER a disposé d’une capacité évidente à valoriser ces données et à répondre aux demandes externes, qui s’est en particulier traduite par l’accompagnement d’initiatives de recherche (par exemple sur la thématique des liaisons station-production : d’Epenoux, 1992 ; ou du carbone forestier : Dupouey et al., 2000 ; Pignard et Dupouey, 2002). La recherche « en » inventaire pouvait alors adopter une posture duale, celle d’une recherche « pour » l’inventaire, initiée par l’antenne de recherche, et « par » l’inventaire, dans des travaux de recherche accompagnés par la CER.
Ce programme de travail visionnaire a en réalité bien peu vieilli. Pour en donner une illustration marquante, alors qu’on s’interrogeait dès la fondation de la CER sur l’enjeu « d’évalu[ation] de l’infra-densité des arbres sur la placette échantillon, et [de meilleure] utilis[ation] des carottes de sondages prélevées sur tous les arbres » (Bazire, 1984), il faudra attendre 2015 pour que voie le jour un projet comme XyloDensMap (Leban et al., 2020 ; Cuny et al., 2025), qui a permis la mesure de l’infradensité du bois sur plus de 100 000 carottes de sondage issues de quatre années d’inventaire systématique, au moyen d’une technologie tomographique à rayons X (Jacquin et al., 2019) ! Autant qu’un appel à la modestie, ce constat est aussi une invitation à l’examen attentif du temps singulier que la mise en œuvre d’une intuition puis d’une vision de recherche peut prendre, de surcroît quand les capacités technologiques du moment ont un caractère limitant, ou un coût prohibitif.
Bien que nous ne disposions pas de trace formalisée des programmes de travail de l’antenne recherche et de la CER, quelques-uns de ses artisans sont bien identifiés aujourd’hui encore – Robert Chevrou, premier responsable de l’antenne recherche (Chevrou, 1966) ; François Houllier, qui a initié ses recherches doctorales dans ce périmètre ; Gérôme Pignard, responsable de la CER à partir de 1988 et auteur de nombreuses publications de valorisation mobilisant les données d’inventaire – et, avec eux, une véritable production scientifique permettant d’en observer l’effectivité. Nous mentionnerons ainsi les recherches relatives : 1/ aux plans de sondage, au SPR et à la théorie des variables régionalisées (Houllier, 1985 ; Houllier et Pierrat, 1992), qui connut des tests de terrain, mais à laquelle il fut renoncé pour des raisons tenant à la formalisation des estimateurs statistiques ; 2/ à la modélisation des ressources aux fins de leur projection sur le temps long (Salás-Gonzalez et al., 1993, 2001 ; Pignard, 1993, Thivolle-Cazat et Pignard, 2001), avec une attention particulière pour la prise en compte de la qualité des produits-bois (Houllier et al., 1995) ; 3/ à l’évaluation des stocks de biomasse et carbone forestier et de leur rôle dans l’atténuation du changement climatique (Dupouey et al., 2000 ; Pignard et Dupouey, 2002) ; 4/ à la dynamique d’expansion des forêts françaises, qu’il s’agisse de son extension spatiale dans un contexte de déprise agricole (Hamza et Pignard, 1997), ou de changements de stock et de productivité des forêts (Pignard, 2000a) ; 5/ de manière plus exploratoire, à la question de la diversité ligneuse des forêts (Pignard, 1997) ou du risque tempête (Pignard 2000b).
De façon saillante, ces travaux mettent en évidence le caractère ouvert des travaux de la CER, et plus particulièrement la collaboration privilégiée qui s’est établie avec la communauté de recherche forestière du pôle nancéien d’alors, que ce soit avec l’ENGREF ou l’INRA, ou avec celle de la télédétection forestière du Cemagref à Montpellier. Il est donc permis d’exprimer l’idée selon laquelle l’antenne recherche puis la CER sont les premiers instruments par lesquels le lien entre l’inventaire forestier et la démarche – et la communauté – de recherche, s’est incarné, matérialisant en cela des intuitions antérieures (Brenac, 1980).
De telles initiatives, si elles restent les plus tangibles à la lecture de la littérature, ne sont en réalité pas les seules à avoir vu le jour dans cette période de l’inventaire. On doit encore en effet mentionner la structuration d’une équipe d’écologie, restée plus confidentielle, au sein de l’échelon opérationnel de Montpellier, et dirigée par Roger Balleydier. Ce dernier fut un cadre de la première heure de l’inventaire forestier (Balleydier et Huguet, 2002), et a fait preuve d’un intérêt marqué pour les questions d’inventaire botanique et de caractérisation écologique qu’il a fait progresser de façon décisive à l’IFN (Pignard, comm. pers.). Les activités de cette équipe se sont pour l’essentiel concentrées sur le développement des catalogues de stations forestières valorisant ces données écologiques, dans le cadre de collaborations avec le CEPE d’alors (Centre d’études phytosociologiques et écologiques Louis Emberger) à Montpellier, et avec le professeur Michel Godron de l’Université de Montpellier (par exemple : d’Epenoux, 1992 ; Darracq, 1992). D’après Gérôme Pignard (comm. pers.), Balleydier a constitué un interlocuteur reconnu et averti des équipes de recherche en écologie dont il suivait les travaux avec attention. Cette initiative s’éteindra cependant rapidement après son départ (1989).
On doit enfin et alors opérer le constat d’une diffusion progressive d’un schéma plus formel de formation par la recherche parmi les acteurs de ces développements. Ainsi, tandis que les premiers artisans de l’inventaire sont autodidactes, ou formés dans des masters spécifiques étrangers, la période montpellieraine voit alors se préciser le modèle de formation doctorale pour ses cadres (Houllier, 1987 en échantillonnage et modélisation ; Boureau, 1992 en télédétection photographique ; Durrieu, 1994 en télédétection satellitaire). De même, l’inventaire forestier servira de support à quelques travaux doctoraux en écologie (d’Epenoux, 1992 ; Darracq, 1992).
Consécutivement aux tempêtes de 1999, et à l’intuition plus générale qu’un inventaire de périodicité décennale ne permettait plus un suivi efficace des forêts (Bontemps, 2021), l’inventaire entra au début du siècle dans une phase d’interrogation et de réforme de son plan de sondage (Vidal et al., 2007 ; Bontemps et Bouriaud, 2024), puis de réorganisation institutionnelle profonde (Hervé et al., 2014) incluant une logique de spécialisation par pôles régionaux (nouvelles technologies à Lyon, écologie à Bordeaux, économie à Nancy), qui consacrera la fermeture de la CER et le départ de ses effectifs, avec pour conséquence un arrêt rapide des travaux de recherche entrepris par cette dernière.
Un partenariat stratégique : le partenariat IFN – LERFoB (2006-2011)
Dans ce contexte, et peu après la mise en œuvre du nouveau plan d’échantillonnage annuel systématique (Vidal et al., 2007 ; Hervé, 2016 ; Bouriaud et al., 2023), l’inventaire initie alors une stratégie partenariale de recherche avec des laboratoires externes de Nancy, au premier rang desquels le Laboratoire d’étude des ressources forêt-bois (LERFoB, UMR 1092 INRA/ENGREF d’alors, devenus INRAE et AgroParisTech, conduit par Jean-François Dhôte, directeur de recherche à l’INRA) dont l’orientation suffit à elle seule à pressentir la pertinence de la collaboration, puis le Laboratoire d’économie forestière (LEF, UMR 356 INRA/ENGREF) sur la question de la simulation des ressources forestière et de son intégration dans un environnement économique. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il n’est pas interdit d’observer que ces partenariats ont au fond constitué une incarnation tardive de l’idée ancienne et déjà évoquée d’un rapprochement entre l’IFN et le CNRF à Nancy. Depuis l’inventaire forestier, ces partenariats furent initiés par Claude Vidal, directeur de l’IFN, et par Jean-Christophe Hervé, qui a joué un rôle de liaison manifeste en tant qu’ancien enseignant-chercheur de l’école forestière et du laboratoire LERFoB, ayant rejoint l’inventaire forestier en 2004 pour en assurer la direction technique et finaliser l’évolution vers un plan de sondage annuel systématique.
Ce partenariat a connu un dynamisme appuyé sur une durée déjà longue (2006 à 2011), animé au moyen d’un cycle de réunions biannuelles, de binômes « chercheur-inventoriste » systématiquement constitués, et raisonné autour d’un petit nombre de thèmes prioritaires ayant progressivement évolué, et que l’on peut décliner comme suit : 1/ un thème large d’écologie couvrant le développement d’indices de l’environnement abiotique (par exemple carte du pH des sols forestiers) et d’indices analytiques de la potentialité des stations (modèles d’indice de fertilité), auquel s’ajoutèrent des approches prédictives de classification des habitats forestiers d’intérêt communautaires (HIC) ; 2/ un thème relatif à l’estimation de la biomasse et du carbone des forêts, à partir duquel cristallisèrent les projets d’acquisition systématique de scans de lidar terrestre sur les points d’inventaire pour l’élaboration de tarifs de cubage en volume aérien total (projet ANR Emerge
En l’essence, le caractère très productif de ce partenariat est venu confirmer, s’il était besoin, la fécondité de la relation entre recherche et inventaire forestier, débouchant sur un large spectre de productions. Au plan opérationnel, on citera ainsi la production de la première carte des pH des sols forestiers en France (IFN, 2008
Cette fois encore, et en dépit de ces succès, c’est en raison de nouveaux impératifs administratifs, et notamment la mise en œuvre de la Révision générale des politiques publiques en 2007, que fut posé le principe de la fusion de l’IFN à un autre établissement public qui vint mettre brusquement fin en 2011 à ce partenariat et au projet de sa formalisation dans une convention-cadre aux visées durables. Des hypothèses de fusion avec le Cemagref (futur IRSTEA) puis l’INRA – qui auraient permis un schéma analogue à celui de nombreux pays européens – furent proposées par l’IFN sans se concrétiser. C’est finalement à l’IGN que sera intégré l’IFN, réinterrogeant la question d’une recherche adossée à l’inventaire forestier. À cette occasion, l’IFN testa à nouveau l’hypothèse d’une implantation de l’inventaire forestier et d’une capacité de recherche associée au sein du campus de Nancy d’AgroParisTech, qui n’aboutit pas.
Le projet de Laboratoire d’inventaire forestier : une nouvelle capacité formelle de recherche
L’intégration de l’inventaire forestier dans l’IGN, devenu Institut national de l’information géographique et forestière, eut une conséquence heureuse sur ce plan, l’IGN étant un établissement public disposant de la mission de recherche (article 2 de son décret constitutif, décret 2011-1371 du 27 octobre 2011), déclinée dès les années 1990 dans un service de la recherche, opérant des recherches dans les domaines de la géodésie, de la cartographie et de la télédétection. Le ministère chargé de la recherche est formellement représenté en son conseil d’administration, et l’IGN est assisté par un conseil scientifique et technique. Ainsi, du fait de l’existence des actuels laboratoires LASTIG (Laboratoire des sciences et techniques de l’information géographique) et LAREG (Laboratoire de recherche en géodésie, participant au Bureau des longitudes), le raisonnement d’une extension du périmètre de la recherche au champ de l’inventaire forestier aboutit rapidement. Les archives existantes permettent de confirmer la genèse du projet dans le temps de conception de la fusion entre ces établissements (1er janvier 2012), formalisée par Jean-Christophe Hervé. Ainsi, un document inédit, daté du 23 mai 2011 et signé par ce dernier, pose la préfiguration au sein de l’IGN d’un « dispositif de recherche et développement pour l’inventaire forestier » (Hervé, 2011).
Le projet s’est initialement structuré autour de trois axes thématiques, incluant : 1/ un champ de méthodologie statistique, en particulier les questions de plans de sondage, d’estimateurs et de protocoles ; 2/ un champ d’enrichissement des indicateurs d’inventaire, incluant les questions de suivi écologique et dynamique des forêts, de modélisation de la dynamique des ressources et d’applications économiques ; 3/ enfin, un champ – vierge en France – d’inventaire forestier dit « multisource » et que l’on pourrait encore qualifier d’inventaire « augmenté », dont l’enjeu est d’accroître la précision statistique de l’inventaire pour atteindre des échelles territoriales, par assimilation de données de télédétection au plan de sondage d’inventaire. Cette technologie, initiée en Finlande, est l’œuvre de Erkki Tomppo (Tomppo et al., 2008), qui reçut en 1997 le prix international Marcus Wallenberg pour cette innovation. Malgré des évolutions notables, ces trois champs de recherche sont restés constitutifs du socle de recherche de l’actuel laboratoire.
Ce projet appelle quelques commentaires. En premier lieu, et hormis l’inventaire multisource, il reprend à son compte des directions fondamentales qui furent explorées dans les dispositifs ou partenariats antérieurs de recherche, confirmant une forme d’identité des questionnements sur le temps long. En second lieu, il vient mettre l’accent sur un champ de recherche plus aride, celui de la statistique de sondage aréolaire, qui n’avait fait l’objet que de contributions extrêmement restreintes malgré son identification précoce (en réalité dès l’ordonnance de constitution de l’inventaire), et sur lequel la capacité de recherche nationale est restée elle aussi marginale. Les travaux de François Houllier à la CER font exception. Ce thème n’avait en effet pas été identifié dans les partenariats de recherche antérieurs par défaut d’experts. De façon notable, les efforts d’harmonisation européenne, s’ils ont été matière à recherche s’agissant des définitions et des protocoles, ont également éludé la question de la convergence des plans de sondage (Bontemps et al., 2022 ; Bontemps et Bouriaud, 2024). En troisième lieu, le projet est d’emblée multidisciplinaire (puis deviendra interdisciplinaire), centré sur un objet et une posture explicites : l’observation et le suivi de la forêt à grande échelle. Ce fait a rapidement rendu malaisée l’identification du pôle géographique sur lequel positionner le laboratoire de façon efficace, et qui interroge d’ailleurs sur le bien-fondé de l’orientation souvent disciplinaire des pôles scientifiques. En effet, si le champ d’enrichissement de l’inventaire amenait à privilégier explicitement le pôle nancéien à la suite logique du partenariat de recherche (LERFoB et LEF à Nancy), l’initiation du champ de l’inventaire multisource était anticipée sur le pôle montpellierain, en raison de l’existence du laboratoire Tétis et de son historique ancien avec l’inventaire, mais aussi du projet partenarial ANR Foresee
En mars 2013, Jean-Christophe Hervé fut finalement affecté à la direction territoriale de l’IGN à Nancy (sise sur le campus d’AgroParisTech), avec le mandat d’initier le projet de Laboratoire d’inventaire forestier dont il sera le premier directeur, et avec pour dotation initiale deux postes de chercheurs additionnels. Ce fut le point de départ, le kilomètre zéro pourrait-on dire, du cheminement ardu et sinueux que représentent la création ex-nihilo d’un nouveau laboratoire puis son insertion dans un pôle académique, pour le faire exister. Il fallut encore attendre mars 2015 pour établir ce petit collectif de recherche (constitué par Cédric Vega et Jean-Daniel Bontemps), et le voir conforté par une collaboration privilégiée avec un chercheur de l’INRAE en sciences du bois (Jean-Michel Leban). Ainsi que cela a rapidement été pressenti, cette élaboration a pris dix ans pour atteindre un certain degré de robustesse (Bontemps et al., 2023 ; Bontemps et al., 2025). Elle a toutefois honorablement atteint ses objectifs, et est à l’origine de ce numéro anniversaire.
Le rôle de figures individuelles
Un fait marquant de cet aperçu historique est le rôle qui a pu être joué par un petit nombre d’acteurs très motivés, et qui ont dédié leur carrière à l’avancement de l’inventaire forestier et des recherches et développements le concernant. L’exhaustivité étant impossible ici, nous l’illustrerons à travers quelques figures bien identifiées, sans préjudice d’autres contributions connues de la tradition mais restant moins documentées.
En premier lieu, est à mentionner la figure de Lucien Brenac, statisticien autodidacte, premier directeur de l’IFN et qui assura ce mandat pendant près de vingt ans. Si son intuition de la nécessité d’adosser l’inventaire forestier à la recherche est étayée dès 1963, la conférence internationale organisée sur le sujet des inventaires forestiers par l’IUFRO en 1978, sous le patronage du professeur Tiberius Cunia (professeur d’inventaire forestier à l’Université de Syracuse aux États-Unis), fut le lieu d’un plaidoyer définitif quant au besoin de recherche en inventaire, exprimé dans un panorama comparatif mondial exposé dans la Revue forestière française (Brenac, 1980) auquel nous nous sommes largement référés. De fait, l’antenne de recherche de l’inventaire vit assez rapidement le jour lorsque Pierre Bazire prendra la tête de l’inventaire en 1978, et s’implanta à Montpellier en 1981 (Bazire, 1984).
Lucien Brenac s’est ensuite adjoint dès 1966 les services de Robert Chevrou, dont il est important de souligner la formation par la recherche, auprès de Tiberius Cunia à l’Université de Yale – où l’ampleur du contenu de formation initiale de niveau master laisse aujourd’hui encore songeur, au regard de ce que nos formations actuelles peuvent apporter dans ce socle méthodologique (Chevrou, 1966 ; voir également le précieux témoignage de carrière dans Chevrou, 2020). Ce dernier, imprégné des méthodologies américaines, assura des développements très significatifs pour cet inventaire, parmi lesquels : 1/ la formalisation du protocole d’échantillonnage par placettes concentriques, toujours opéré actuellement (Chevrou, 1993) ; 2/ la mise en place d’un contrôle de sous-échantillons, adopté par la suite au plan national, et qui conduisit à qualifier les erreurs de mesure ; 3/ l’adoption de dispositifs dendrométriques comme le pentaprisme de Wheeler (Ravart, 1984) ; 4/ l’établissement de formules de variance pour l’estimation des surfaces à partir d’un échantillonnage systématique par grille de points (Chevrou, 1976) ; 5/ la contribution aux méthodes d’échantillonnage des linéaires boisés par transect et intersection ; 6/ une volonté d’étudier l’application des méthodes d’échantillonnage partiellement renouvelé, formalisées par Cunia, mais qui ne trouva pas de pleine application opérationnelle à l’inventaire (la thèse de François Houllier, 1985, y sera cependant consacrée) ; 7/ à partir de 1975, puis avec la création de l’antenne recherche en 1982, le développement de méthodes permettant la simulation prospective des ressources forestières (Chevrou, 1990, 1992). Le recours assez systématique à la publication dans des revues techniques et scientifiques est ici à souligner, avec le triple intérêt : classique, de la diffusion des progrès techniques ; mais aussi de la formalisation des réflexions et des méthodes ; et de la traçabilité historique de l’évolution d’un dispositif s’inscrivant dans le long terme. Après une courte interruption d’activité à l’inventaire forestier, Robert Chevrou prendra la tête de l’antenne recherche en 1982, qui constitue la première tentative de formalisation d’un organe de recherche-développement autonome au sein de l’inventaire, jusqu’à 1990. Il aura œuvré pour l’inventaire pendant près de vingt-cinq ans.
Roger Balleydier a accompagné Lucien Brenac et le développement de l’inventaire forestier depuis son origine et jusqu’à sa retraite (Balleydier et Huguet, 2002). Si l’on n’a que peu de trace de son activité dans la littérature forestière nationale, il est identifié comme un acteur significatif de la mission (Pignard, comm. pers.), avec une contribution qui se singularise dans le domaine de la caractérisation biologique et écologique des forêts. À ce titre, le poste qu’il a occupé dans sa jeunesse en tant qu’écologue auprès de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) est à remarquer. On le retrouve ainsi comme artisan du projet à l’ambition appuyée qu’a constitué l’élaboration de la carte forestière nationale à l’échelon de Nancy – aujourd’hui connue comme BD forêt
Gérôme Pignard a également été un artisan au long cours des développements et recherches appliquées centrées sur la valorisation des données de l’inventaire à la cellule d’évaluation des ressources, dont il a pris la direction à compter de 1988. Un trait saillant des contributions de la CER dans cette période a été l’émergence d’un appui à la recherche, puis de collaborations avec celle-ci qui, aussi informelles qu’elles aient pu être, ont progressivement tissé un réseau partenarial précieux pour la suite des développements. Il est ici possible de citer les collaborations relatives à l’évaluation pionnière du carbone immobilisé dans les forêts avec l’INRA, qui ont alimenté un projet national comme Carbofor (Dupouey et al., 2001 ; Loustau, 2004
Nous citerons encore la figure de Claude Vidal, directeur de l’IFN à partir de 2002, docteur en mathématiques, et ayant opéré une carrière dans le domaine de l’enseignement supérieur agricole, puis des statistiques publiques nationales (sous-directeur au SCEES de 1991 à 1996) et internationales (Eurostat et expert FAO). Parmi les faits notables pour le propos, nous mentionnerons son impulsion et sa contribution au partenariat de recherche IFN-LERFoB cité plus haut, son engagement dans l’initiation d’un effort d’harmonisation des inventaires forestiers européens (par exemple, Vidal et al., 2008 ; McRoberts et al., 2009) avec la création du réseau ENFIN (European National Forest Inventory Network), qui se traduisit en deux actions COST européennes associant les collectifs scientifiques d’inventaire forestier (Tomppo et al., 2010 ; Vidal et al., 2016), puis en projets européens de recherche (Diabolo
Nous finirons en mentionnant François Houllier et Jean-Christophe Hervé, artisans tous deux issus des corps forestiers et ayant bénéficié du dispositif de formation par la recherche de l’ex-ENGREF (notamment auprès de l’Université Claude Bernard de Lyon où s’était développée une tradition de biométrie et de modélisation affirmée : Legay, 1997), et qui ont été des acteurs durablement convaincus de la relation entre recherche et développements opérationnels. On pourra ici repérer qu’ils ont chacun œuvré, dans des parcours professionnels croisés entre inventaire forestier, enseignement et recherche à l’école forestière de Nancy (futur LERFoB), à implanter des raisonnements et objectifs de recherche dédiés aux ressources forestières, en dehors du strict périmètre de l’inventaire, lui conférant une forme de résilience externe. Tandis que des développements relatifs aux bases de données et à la modélisation des ressources sont imputables au premier, le second formalisa les estimateurs statistiques associés au nouveau plan de sondage de l’inventaire annuel, dans un rare investissement orienté sur le sondage. La contribution de Jean-Christophe Hervé à la recherche en matière d’inventaire forestier s’étalera sur treize ans.
Nous voudrions maintenant clore ce propos en faisant observer quelques traits caractéristiques fort généraux de la communauté historique ou récente ayant porté l’inventaire forestier, et lui ayant permis de progresser continûment au cours du temps : sa taille extrêmement restreinte ; la durée d’occupation remarquablement longue des emplois de ses membres, souvent au prix de la reconnaissance des carrières ; et une formation toujours plus fréquente par la recherche. Si les raisons de la première et la forte technicité des métiers ont été exposées, il semble qu’elles aient conduit à l’émergence d’une communauté de tradition « artisanale » (dans la mesure où les écoles de l’enseignement supérieur forestier français n’ont pas, jusqu’à très récemment – encore que cela reste anecdotique – assuré de socle minimal de formation en matière d’inventaire forestier), resserrée et extrêmement investie dans cette tâche dans la durée, au sujet de laquelle – et du dire même de certains témoins – il est possible d’évoquer une véritable dimension affective à l’égard de l’instrument. Il semble ainsi et finalement « suffire » d’un tout petit nombre d’experts par génération pour transmettre une vision et une expertise, et assurer malgré les aléas une forme de continuité de ce qui constitue une véritable mission de service public (Balleydier et Huguet, 2002). Il se trouve là, à l’évidence, un modèle bien éloigné de la théorie des services publics (identification et publicité de la mission, y compris auprès du grand public, existence d’écoles de formation supérieure, recrutement d’effectifs polyvalents et substituables, garantie de promotion des carrières), dont on peut s’interroger sur la trajectoire qu’elle aurait pu, et pourra encore, connaître sans l’engagement de ses serviteurs.
Remerciements
Le premier auteur, directeur du Laboratoire d’inventaire forestier, souhaite remercier chaleureusement quelques grands témoins de ces développements historiques, aux rangs desquels Robert Chevrou, Gérôme Pignard, Claude Vidal, Françoise d’Epenoux, et Jacques Drapier, qui lui ont accordé l’amabilité d’échanges et parfois d’entretiens bilatéraux sur le sujet, ou d’une relecture du texte. Le texte doit également à la relation professionnelle puis amicale de longue durée de l’auteur avec Jean-Christophe Hervé, justifiant la détention de copies de quelques inédits en la matière (comptes-rendus historiques de l’installation de l’inventaire, comptes-rendus du partenariat IFN-LERFoB, projet de laboratoire LIF). L’écoute et l’aide précieuses de David Gasparotto au centre de documentation forestière d’AgroParisTech sont également saluées.
Notes
- 1. https://anr.fr/Projet-ANR-08-BIOE-0003
- 2. https://inventaire-forestier.ign.fr/spip.php?article551
- 3. https://anr.fr/Projet-ANR-10-BIOE-0008
- 4. https://journals.openedition.org/statsoc/371
- 5. https://geoservices.ign.fr/bdforet
- 6. http://www.gip-ecofor.org/gicc/?p=592
- 7. http://diabolo-project.eu/
- 8. https://pathfinder-heu.eu/
- 9. http://enfin.info
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