Résumé

En 2024, dans un contexte économique caractérisé par une inflation réduite, mais une faiblesse de la construction neuve, les tendances s’avèrent baissières sur l’année, avec toutefois une inversion aux ventes d’automne pour les résineux. Le chiffre d’affaires bois des forêts publiques perd 5 % et le prix moyen apparent des bois, 6 %. L’offre en volume, freinée par une pluviométrie très excédentaire, est stable à un niveau bas. La contractualisation concerne 49 % des volumes en forêt publique. Elle progresse de 6 % en volume, avec un prix unitaire baissant comme la moyenne nationale.


Messages clés :



  • Offre de bois stable et restant faible, en raison d’une pluviométrie exceptionnelle.

  • Baisse de 5 % du chiffre d’affaires des ventes de bois en forêt publique, liée à la conjoncture économique.

  • Croissance de 6 % des volumes vendus en contrat d’approvisionnement, qui représentent 49 % du total.

Abstract

In 2024, in an economic context marked by low inflation but weak new construction, trends over the year are downward overall, although a reversal is observed at the autumn sales for softwoods. Timber revenue from public forests declines by 5%, and the apparent average wood price by 6%. The volume offered, constrained by exceptionally high rainfall, remains stable at a low level. Contract sales account for 49% of volumes in public forests. They increase by 6% in volume, with a unit price declining in line with the national average.


Highlights:



  • Wood supply remains stable and low, due to exceptional rainfall.

  • A 5% decrease in revenue from timber sales in public forests, linked to the economic situation.

  • A 6% increase in volumes sold under supply contracts, which account for 49% of the total.

Introduction

En 2024, la conjoncture globale en France est contrastée. Certes, la construction de logements et les transactions de logements anciens sont à nouveau en retrait, mais cette réalité est compensée par de nombreux travaux sur le parc français de logements en amélioration et en rénovation. Au niveau climatique, la pluviométrie exceptionnelle de l’année 2024, la plus forte enregistrée depuis l’an 2000, a nécessité de ralentir l’exploitation forestière afin de protéger les sols.

Néanmoins, la récolte de bois progresse légèrement en volume, alors que les recettes de bois des forêts publiques baissent de 5 % : le prix moyen apparent des bois régresse de 6 %, avec le chêne qui amorce une crise en fin d’année, et les résineux blancs souffrant du marasme de la construction.

Dans ce contexte plutôt baissier, les contrats d’approvisionnement progressent de 6 %, à près de 50 % des volumes commercialisés par l’Office, avec un prix moyen en réduction de 6 % comme sur les ventes par soumission. Ces contrats sécurisent la filière forêt-bois française ainsi que les revenus des propriétaires, État et communes forestières notamment.

L’environnement économique

Un environnement complexe avec des évolutions contrastées

Économie générale

La croissance progresse légèrement en 2024 avec une inflation enfin maîtrisée après l’emballement post-Covid (en 2022 et 2023). Selon la Banque Mondiale, elle est de 2,8 % dans le monde, de 0,9 % dans la zone Euro, de 1,2 % en France (valeur Insee également). Chez nos voisins, la croissance est similaire en Suisse, en Belgique et au Royaume-Uni, mais l’Espagne est à 3,5 % et l’Allemagne à – 0,5 %. La Chine (5,1 %) et l’Inde (6,5 %) restent au-dessus, et la croissance des États-Unis atteint la moyenne mondiale (2,8 %). La Chine reste leader sur les marchés mondiaux du bois (meubles, papier, contreplaqués, parquets).

Selon l’Organisation Mondiale du Commerce, le commerce international qui avait faibli en 2023 rebondit de 2,7 % en 2024, dont 2 % pour les marchandises et 9 % pour les services qui atteignent ainsi 27 % du total. Le prix du fret maritime remonte en 2024 (+ 21 % selon Indice Insee) mais reste bien en dessous de son pic de 2021 et 2022.

Malgré le réchauffement climatique mondial (2024, année la plus chaude), la consommation d’énergie mondiale, tirée par la croissance, la digitalisation, la climatisation et le transport, augmente de 2,2 % en 2024. Le gain maximal est pour l’électricité (4,3 %), sous l’effet de l’électrification des usages dans le transport et l’industrie ainsi que des data centers, loin devant le gaz (2,7 %), le charbon (+ 1 %) et le pétrole (+ 0,8 %).

Le prix moyen annuel du Brent (– 2 % à 81 $) reste au-dessus de ses niveaux de 2015 à 2021. Ce niveau de prix, combiné à une inflation de 2 % en 2024 après 10 % de hausse sur 2 ans, a maintenu des coûts d’exploitation et de transport des bois élevés.

Parallèlement, l’euro reste faible face au dollar (stable à 1,08 $), très loin de son record de 2008 (à 1,47 $). Il varie peu sur la livre sterling (– 3 % à 0,85 £) et est stable sur la couronne suédoise. Ces valeurs de change soutiennent nos exportations de tonneaux et de sciages, hors Union monétaire.

La demande en bois d’œuvre pour la construction

Aux États-Unis, la construction de logements résidentiels perd 3 % à 1,5 million d’unités résidentielles mises en chantier, avec un prix des bois stabilisé à un niveau proche d’avant la crise du Covid-19. En France, la chute des mises en chantier se poursuit (– 8 % à 262 000 logements), fortement pour les maisons individuelles (– 24 %) qui représentent 36 % du total. La rénovation reste moins affectée, malgré la baisse des transactions de logements anciens (– 10 % à 845 000 unités), grâce à de multiples chantiers parmi les 38 millions de logements anciens (extensions, rénovation énergétique, embellissement, entretien et bricolage).

L’activité bâtiment dans son ensemble varie peu (– 3 %), mais la fabrication de charpente et menuiserie décline toujours fortement (– 10 % en 2024).

Dans ce contexte, la production de sciages résineux augmente (+ 7 %) au détriment des importations (– 8 %), mais celle de sciages feuillus décline nettement (– 14 %).

Pour le parquet, l’année 2024 est mauvaise en France. Après avoir atteint un pic de production en 2021, elle a décliné de 40 % en volume depuis cette date dont 16 % en 2024. En Europe, la chute de production est moindre (– 5 %) après une année 2023 catastrophique (– 30 %), mais la production européenne porte surtout sur le contrecollé (à 83 %) alors que le massif est plus développé en France (à 45 %). En 2024, la consommation de parquet a baissé de 14 % en France et de 5 % en Europe.

Les secteurs de l’ameublement

Le marché de l’ameublement domestique se réduit en 2024 de 5 % en valeur à 13,8 milliards d’euros, ce qui correspond à – 8 % en volume. En valeur, le secteur de la literie est le moins impacté (– 2 %), devant celui des sièges rembourrés (– 4 %). Le secteur du meuble habituel (salon-salle à manger, chambre hors literie, rangement) dit « meuble meublant » est dans la moyenne (– 5 %). Les autres secteurs sont les plus impactés : – 6% pour la cuisine intégrée, – 7 % pour le meuble de salle de bain et – 8 % pour le meuble de jardin.

La production française décroît en valeur et surtout en volume (– 10 %). Les exportations gagnent 4 % et les importations perdent 1 %, en valeur. Le déficit commercial du secteur « meubles et sièges en bois » se réduit ainsi de 3 % à 2,9 milliards d’euros : il représente 37 % du déficit de la filière bois (7,8 milliards d’euros, – 8 %).

Le secteur merrain et tonneaux

L’année 2024 marque la fin d’un cycle favorable aux ventes de tonneaux, dont la France est le principal producteur et exportateur mondial, avec son chêne de futaie régulière. Certes, après deux années post-Covid (2022 et 2023) exceptionnelles, la production est stable en volume et la valeur des exportations gagne 4 %, à 502 millions d’euros. Mais les indicateurs de fin d’année sont au rouge. Les vendanges 2024 sont mauvaises en France (– 23 % en volume), aux Etats-Unis (– 17 %) et dans l’ensemble du monde (– 5 %, à leur plus bas niveau depuis 60 ans). De plus, la consommation de vins baisse toujours dans l’ensemble du monde (– 3 %, à son minimum depuis 1961), en France et en Europe, et dorénavant en Chine (– 19 %) et aux États-Unis (– 6 %). Cela conduit à de nombreux arrachages de vignes.

Les secteurs de l’emballage et du bois d’industrie

Dans le secteur de l’emballage en bois, l’activité en 2024 reste solide, en lien avec une activité manufacturière stable et la dynamique du transport. Le prix du bois à palettes ne varie pas, se maintenant plus de 50 % au-dessus de sa valeur d’avant la crise du Covid-19. Ce secteur consomme 2 millions de m3 de sciages, avec des prix d’achat des grumes restant élevés.

Après une année 2023 très difficile, la production française de papier rebondit de 6 % en 2024 à 6,5 millions de tonnes, et la consommation gagne 2 % à 7,3 millions de tonnes. La production de pâte regagne 12 % à 1,4 millions de tonnes. Le segment majoritaire de l’emballage en papier-carton (70 % du tonnage) et celui de l’hygiène (13 % du tonnage) progressent respectivement de 6 et 5 %. Le troisième secteur, celui des papiers graphiques (12 % du tonnage) reprend 3 %. Néanmoins, les volumes globaux produits sont inférieurs de 21 % à ceux de 2014 et les prix, quasiment stables en 2024, restent élevés. Les exportations du secteur « pâtes, papiers et cartons » gagnent 2 % en valeur, et les exportations perdent 2 %, ce qui réduit le déficit commercial du secteur de 11 % à 3,2 milliards d’euros.

Le tonnage de bois livré aux usines de pâte augmente de 12 %, à 6,1 millions de tonnes réceptionnées, dont 23 % de feuillus (+ 7 %), et avec une proportion de 76 % de rondins pour 24 % de produits connexes de scierie (– 3 %) dont le prix reste élevé en 2024.

En 2024, la production de panneaux poursuit sa baisse (– 3 % en 2024 après – 16 % en 2023) à 3,6 millions de m3, non compris le contreplaqué (– 2 % à 230 000 m3) : baisse de 5 % pour les panneaux de particules, mais stabilité pour le MDF (medium density fiberboard) et l’OSB (oriented strand board) ; les prix de production se réduisent à nouveau (– 6 %). En valeur, exportations (– 5 %) et importations (– 4 %) régressent de manière similaire, et le déficit du secteur perd 1 % à 428 millions d’euros.

L’approvisionnement en bois (2,6 millions de tonnes sèches) baisse de 4 %. Il comprend 40 % de rondins, 25 % de connexes et 35 % de bois recyclés. En bois vert, la proportion de feuillus est constante à 31 %.

Les secteurs du bois-énergie

Au niveau climatique en France, l’année 2024 est très excédentaire pour la pluviométrie (+ 15 %) et à un degré moindre pour la température : avec 13,9 °C de température moyenne annuelle, on est 0,9 °C au-dessus de la normale 1991-2020, et la saison hivernale a été très douce. Les intempéries ont réduit la récolte de bois, en empêchant l’exploitation forestière. Dans ces conditions, la récolte de bois-énergie diminue de 6 % en 2024 ; néanmoins, elle reste non loin de son maximum de 2023, et légèrement au-dessus de la récolte utilisée en bois d’industrie, pour la deuxième année de suite.

Ce sont les bois longs de plus de 2 m dont la récolte régresse (– 8 %). La production de plaquettes forestières se consolide (– 3 %), comme celle des rondins et bûches, les besoins de chauffage étant soutenus par la forte humidité ambiante et le déficit d’ensoleillement.

La hausse persistante du prix de l’électricité a favorisé l’achat de bois-énergie, à l’exception des granulés dont l’envolée des prix en 2022 et 2023 a réduit la demande. En 2024, le prix des pellets reste à un niveau élevé tout en baissant de 27 % et la production se rétracte à 2 millions de tonnes (– 15 %). Sa fabrication utilise environ 80 % de connexes de scierie (sciure résineuse essentiellement), et 20 % de rondins et plaquettes forestières.

L’exportation de sciages et de grumes

L’exportation de sciages progresse de 6 % à 473 millions d’euros, en dépit d’une diminution sur le chêne (– 7 % à 150 millions d’euros) et le hêtre (– 8 % à 43 millions d’euros). Une forte hausse bénéficie aux autres feuillus (+ 21 % à 46 millions d’euros) et surtout aux résineux (+ 16 % à 229 millions d’euros). Le calcul en volume réalisé par FrenchTimber donne en millions de m3 : 0,91 pour les résineux (+ 19 %), 0,17 pour le chêne (– 1 %) et 0,12 pour le hêtre (– 7 %).

L’exportation de grumes baisse de 11 % à 400 millions d’euros, malgré une progression de 5 % pour les résineux à 88 millions d’euros. La baisse concerne l’ensemble des feuillus : – 14 % sur le chêne à 108 millions d’euros, – 17 % sur le hêtre à 29 millions d’euros, et − 20 % sur les autres feuillus à 105 millions d’euros. Les volumes de grumes importées par la Chine (données Douanes chinoises) sont analysés par FrenchTimber. En 2024 les volumes en millions de m3 concernant la France (et leur évolution annuelle) sont les suivants : 0,26 pour le chêne (– 14 %) et pour les résineux (– 13 %), 0,12 pour le hêtre (+ 20 %). La part de marché de la France sur ces importations chinoises est à nouveau abaissée à 27 % pour le chêne, alors qu’elle est stable à 20 % pour le hêtre et à 1 % pour les résineux. Dans le cas du chêne, la réduction de ces exportations lointaines, conjuguée au label « Chêne », permet d’améliorer l’approvisionnement en bois dans la filière.

Afin de préserver la valeur ajoutée et les emplois dans la transformation du chêne, l’ONF réserve ses lots de chêne majoritaire en ventes par soumissions à des clients labellisés UE (bois produits et transformés en Union Européenne) depuis dix ans. En complément, les contrats d’approvisionnement se développent pour les qualités ordinaires.

Une mobilisation répondant à la demande variable selon les produits

Des volumes mobilisés stables

Les volumes de bois mobilisés (vendus ou délivrés) en 2024 dans les forêts publiques s’élèvent à 10,9 millions de m3 commerciaux (11,4 millions de m3 en équivalent bois sur pied, EBSP). 4,2 millions de m3 (4,4 en EBSP) proviennent des forêts domaniales et 6,7 millions de m3 (7,0 en EBSP) des forêts des collectivités (dont 1,1 délivré au titre de l’affouage).

Par rapport à 2023, les volumes vendus sont quasiment stables (+ 1 %), en forêt domaniale comme en forêt des collectivités, mais le bois d’affouage progresse fortement (+ 17 %).

À noter que les volumes mis en vente s’élevaient à 11,4 millions de m3 (dont 4,3 en forêt domaniale et 7,1 en forêt des collectivités) et les volumes désignés à 11,9 millions de m3 (dont 4,7 en forêt domaniale et 7,2 en forêt des collectivités).

Tableau 1 : La mobilisation des bois en forêt publique en 2024 (en milliers de m3)

Analyse par essence

Avec 0,8 million de m3 (volume tige), la mobilisation du chêne baisse de 9 %. Elle diminue pour les gros bois et les bois moyens (– 8 %) en raison d’une demande moindre en merrain et en parquet. Pour les petits bois (– 16 %), les besoins sont très faibles, comme pour les autres feuillus durs, mais leur mobilisation a aussi été réduite de moitié en dix ans.

Pour le hêtre, les volumes mobilisés en 2024 (0,9 million de m3) baissent aussi de 9 %. Ce constat s’applique aux gros bois (– 8 %) pour lesquels les marchés restent diversifiés, et plus encore aux bois moyens et aux petits bois (– 14 %). L’offre est affaiblie par le changement climatique, mais le dépérissement du hêtre régresse ces dernières années.

Avec 2,5 millions de m3, la mobilisation des résineux blancs progresse de 8 %, légèrement plus pour l’épicéa (+ 9 %) que pour le sapin (+ 8 %) : en 2024, les produits accidentels sont toujours nombreux sur les deux espèces et ils sont exploités en urgence.

Pour les résineux rouges (pins, douglas et mélèze), les volumes mobilisés en 2024 rebondissent de 11 % à 1,3 millions de m3, avec une croissance de la demande. Le pin maritime (+ 34 %), le douglas et le mélèze (+ 22 %) reviennent à leur niveau de 2022, mais le pin sylvestre poursuit sa baisse (– 16 %).

Figure 1 : Volumes mobilisés pour les principales essences (en milliers de m3)

Un chiffre d’affaires et des évolutions de prix plutôt en baisse

Un chiffre d’affaires bois des forêts publiques avec des contrastes

Le prix unitaire moyen apparent des bois des forêts publiques françaises perd 6 % en 2024 à 60,5 € par m3, malgré une légère progression du taux de bois façonné vendu (+ 1 %) Ceci s’explique par la baisse de prix du bois d’œuvre pour le chêne, le sapin-épicéa et le pin maritime (cf. annexe 1).

Aux ventes d’automne, le prix moyen s’établit à 78 € par m3, en petite baisse de 3 %. Pour l’ensemble des ventes en bloc et sur pied de l’année, le prix moyen (53,5 € par m3) est stable depuis deux ans, mais il reste bien inférieur à celui des ventes d’automne.

Le chiffre d’affaires bois des forêts publiques diminue de 5 % en 2024, en raison de la baisse du prix moyen. Il s’élève à 590,7 millions d’euros (pour les volumes comptabilisés sur l’outil interne D1-8 en métropole). Ce sont les produits feuillus qui baissent (– 11 %), surtout le chêne (– 15 %), alors que les produits résineux sont en hausse (+ 5 %) malgré la nette baisse du pin sylvestre (– 16 %). En euros constants, après correction de l’érosion monétaire, le chiffre d’affaires bois reste près de la moyenne des dix dernières années (− 2 %), mais est inférieur de 37 % à celle des années 1973 à 1980.

Il s’établit à 285,5 millions d’euros en forêt domaniale (données D1-8 de métropole), en baisse de 7% (– 22,3 M€). Les principaux contributeurs sont toujours le chêne (40 %), loin devant les résineux blancs (14 %), les résineux rouges (11 %) et le hêtre (9 %).

Les recettes bois des collectivités sont de 301,2 millions d’euros, en baisse de 3 % (– 9,3 M€). Les principaux contributeurs sont les résineux blancs (30 %) et le chêne (25 %), devant les résineux rouges (13 %) et le hêtre (9 %).

Tableau 2 : Le chiffre d’affaires bois des forêts publiques en 2024 (en millions d’€)

Des évolutions de prix différentes selon les essences et les produits

Le prix moyen apparent du chêne baisse en 2024 (– 7 %) et cela s’accentue aux ventes d’automne (– 9 %). Les gros bois sont principalement concernés en lien avec un marché du merrain moins dynamique et la mévente du parquet. Les bois moyens résistent mieux surtout à l’automne, et les prix augmentent à nouveau pour les petits bois (+ 5 %), tirés par le dynamisme des marchés du bois-énergie et du bois d’industrie feuillu. Le marché du bois d’œuvre de chêne a été impacté par le ralentissement de la construction. Pour le parquet, s’y ajoute une crise européenne débutée en 2023 (baisse de 30 % de la demande). Pour le merrain, la demande baisse en volume et en prix en fin d’année, notamment en raison de mauvaises vendanges tant en France qu’à l’étranger.

Le prix moyen apparent du hêtre est stable sur l’année, mais gagne 10 % aux ventes d’automne. Sur 2024, le prix des gros bois (– 1 %) et des bois moyens (+ 3 %) varie peu alors que celui des petits bois gagne 13 %, tiré par la demande en bois de feu. Concernant le bois d’œuvre, l’activité des scieries a été bonne, tirée par une demande diversifiée de sciages ; la proportion de bois de crise (bois issu d’arbres dépérissants) a diminué dans la récolte, conduisant à une hausse des prix, avec un volume stable de bois blanc de qualité. Le prix des bois façonnés de classe 3 et plus s’effrite de 3 % à 77 €/m3.

Le prix moyen apparent des résineux blancs baisse de 9 % en 2024, à peine moins pour le sapin (– 8 %) que pour l’épicéa (– 10 %). Aux ventes d’automne, cette tendance s’inverse complètement avec une nette hausse pour le sapin (+ 15 %) et un peu plus pour l’épicéa (+ 17 %). Les prix des petits bois sont néanmoins stables et largement destinés aux industries du papier-carton et du panneau. L’effondrement de la construction individuelle perdure en 2024 ; la demande en bois de charpente continue de baisser. Néanmoins, en fin d’année, une reprise s’amorce sur la rénovation et la construction neuve ; de plus, les produits accidentels sont en réduction. Le prix des bois façonnés, très largement contractualisés, perd 10 % en 2024 à 65 €/m3.

Le prix moyen apparent des résineux rouges (pins, douglas et mélèze) varie peu (+ 2 %) sur l’année, mais avec de grandes différences entre les essences. Ainsi, le douglas progresse (+ 5 %), le pin sylvestre est stable, le mélèze et le pin maritime (– 8 %) baissent mais leur prix reste élevé. Aux ventes d’automne, tous les prix progressent : 6 % pour le pin maritime, 13 % pour le pin sylvestre et 15 % pour le douglas, lequel dispose d’une demande en construction et à l’export diversifiée. Principal débouché des pins, le secteur de l’emballage reste solide, avec une activité et des prix stables. Le prix moyen annuel des bois rouges façonnés perd 4 % à 77 €/m3, en lien quasi-exclusivement avec les contrats d’approvisionnement.

Figure 2 : Évolution des prix des principales essences feuillues aux ventes d’automne (en euros courants par m3)

Figure 3 : Évolution des prix des principales essences résineuses aux ventes d’automne (en euros courants par m3)

La commercialisation des bois issus des forêts publiques

Les modes de vente

En 2024, 53 % des volumes vendus sont en « bois sur pied » (39 % en bloc et 14 % à la mesure) et 47 % sont en « bois façonnés » (5 % en bloc et 42 % à la mesure).

Les ventes de gré à gré simples qui incluent les contrats d’approvisionnement représentent 54 % du volume mobilisé, les ventes par soumission 36 %, le solde (10 %) étant délivré aux collectivités pour l’affouage ou l’autoconsommation (cf. annexe 2 et figure 4).

Figure 4 : Évolution des modes de ventes de bois de l’ONF (en proportion de volume)

Les contrats d’approvisionnement

Une année supplémentaire de croissance

Les volumes vendus en contrats d’approvisionnement gagnent 6 % en 2024. Ils totalisent ainsi 5,04 millions de m3 (en EBSP), soit 49 % du total vendu. Ces volumes proviennent pour 2 996 000 m3 des forêts domaniales (+ 7 %), et pour 2 047 000 m3 des forêts des collectivités (+ 6 %). La part des contrats d’approvisionnement dans le total des volumes vendus atteint 68 % pour les forêts domaniales (+ 3 %) et 34 % pour celles des collectivités (+ 1 %).

Les volumes en contrat d’approvisionnement se répartissent à 47 % en bois d’industrie et bois-énergie, à 53 % en bois d’œuvre dont 28 % pour les résineux blancs, 12 % pour les résineux rouges, 9 % pour le hêtre, et 4 % pour le chêne.

Les hausses sont de 19 % pour les résineux rouges (+ 95 000 m3), de 9 % pour le bois d’industrie et le bois-énergie (+ 193 000 m3) ainsi que pour le chêne (+ 15 000 m3) et de 4 % pour les résineux blancs (+ 52 000 m3). À l’inverse, on observe une nouvelle réduction sur le hêtre (– 53 000 m3, – 11 %) en raison d’une poursuite de la baisse des produits accidentels.

La recette des contrats d’approvisionnement en forêt publique est stable à 272 M€, soit 46 % des recettes bois. Elle se répartit entre les forêts de l’État pour 161 M€ (– 1 %) représentant 55 % des recettes de bois domaniales, et les forêts des collectivités pour 111 M€ (+ 1 %) atteignant 37 % des recettes de bois des collectivités.

Figure 5 : Répartition des volumes vendus par l’ONF en contrat d’approvisionnement (en milliers de m3 EBSP)

Les prix pratiqués dans le cadre des contrats

En 2024, le prix moyen des contrats d’approvisionnement perd 6 % à 59 €/m3. Les tendances par produit reflètent les évolutions de marché six mois auparavant (de mi-2023 à mi-2024). Ainsi, une stabilité est observée en bois d’industrie et bois-énergie, alors que le bois d’œuvre est en baisse : – 3 % sur le hêtre, – 5 % sur les résineux rouges, – 10 % sur les résineux blancs et – 11 % sur le chêne. Notons que pour le chêne, la contractualisation porte principalement sur des produits de qualité secondaire.

Il est rappelé que des différences de prix importantes peuvent résulter de l’assortiment des produits concernés, de la situation de l’entreprise (distance d’approvisionnement pour les produits vendus bord de route) et des coûts locaux de mobilisation des bois.

Tableau 3 : Prix moyen des bois vendus façonnés en contrat d’approvisionnement (en €/m3 bord de route)

Conclusions et perspectives

En 2024, la conjoncture économique en France s’est améliorée au niveau de l’inflation et la croissance a été stimulée par l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’été à Paris. Par ailleurs, la réouverture de Notre-Dame de Paris en fin d’année, après une très grosse mobilisation des acteurs de la filière forêt-bois, a permis de bien valoriser notre gestion sylvicole, en particulier celui de la futaie régulière de chêne, que nous cherchons à adapter aux changements climatiques en cours. Parallèlement, l’année a été très pluvieuse, réduisant ainsi les taux de dépérissement des essences et les possibilités d’exploitation forestière. La mobilisation des bois a ainsi baissé de 3 % en France, et elle s’est stabilisée au niveau bas de 2023 à l’ONF.

La demande de bois est restée pénalisée par la baisse de la construction neuve, alors qu’une stabilité était observée pour la rénovation, l’emballage, et même le merrain jusqu’en automne. Enfin, les exportations de grumes et sciages résineux ont progressé, alors que celles du chêne et du hêtre ont régressé.

Après sa hausse de 2023 (+ 7 %), le prix moyen des bois en forêt publique baisse de 6 % en 2024, revenant ainsi à son niveau de 2022. Cette évolution est liée à l’importance du chêne à merrain et des résineux blancs dépérissants (un tiers du total) qui a pénalisé le résultat. Néanmoins, aux ventes d’automne, le prix des résineux progresse nettement mais le chêne fléchit, des tendances nouvelles amenées à s’accentuer en 2025.

Notons qu’en 2024, le prix moyen observé en forêt privée1 (+ 7 %) rebondit après une année 2023 en baisse (– 10%), mais reste proche de son niveau de 2022, comme observé en forêt publique, malgré des bois, des débouchés et des modes de commercialisation bien différents. Cela montre la robustesse du modèle économique de l’Office, dorénavant largement dépendant des contrats d’approvisionnement. Chaque contrat a une clause de révision de prix semestrielle ou annuelle, ce qui décale de 6 à 12 mois l’entrée en vigueur des hausses ou des baisses du marché : c’est pourquoi le prix moyen en contrat d’approvisionnement, qui avait gagné 3 % en 2023, a perdu 6 % en 2024. La veille économique est un outil de pilotage qui a de nouveau fait ses preuves pour guider les révisions de prix par essence et produit, dans le cadre des négociations bilatérales entre le représentant de l’Office et celui du client bois.

Annexe 1 : Prix moyens des bois sur pied aux ventes d’automne pour l’ensemble des forêts publiques (en euros courants)

Annexe 2 : Évolution des modes de mise en marché par l’ONF (en volume)

Calendrier des ventes d’automne* 2025 de l’Office national des forêts

Attention : Toutes les ventes sont dématérialisées, avec parfois la possibilité d’y assister aussi en salle. Après vente, les catalogues et les comptes-rendus de vente sont disponibles en ligne 60 jours (www.ventesdebois.onf.fr).

* Suite à l’évolution des conditions de ventes de l’ONF, les « ventes d’automne » identifiées sont une sélection de ventes de bois en bloc et sur pied, à base historique. D’autres ventes sont proposées par l’ONF, en bois sur pied et en bois façonné, toute l’année, y compris en automne.

Notes

  • 1. Source : Observatoire Économique France Bois Forêt, « Prix de vente des bois en forêt privée, indicateur 2025 », Société Forestière, Experts forestiers de France et Asffor, co-auteurs.

Auteurs


Benoît Généré

benoit.genere@onf.fr

Affiliation : Département commercial bois Office National des Forêts – F – 94704 MAISONS-ALFORT Cedex

Pays : France

Biographie :

Responsable Offre et commercialisation des bois

Pièces jointes

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Citations